Pages blanches, taches d'encre et réflexions d'un idéaliste

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mardi 10 juillet 2007

C'est tout un art que de bien l'apprécier!

- Les dessins sont encore une fois l'oeuvre et la propriété exclusive de Leely -

A nouveau, Paris se montre sous une météo médiocre. Tandis que, porté par l'escalator, j'observe le paysage qui s'offre à mes yeux: une mer houleuse de toits parsemée de récifs. Les monument parisiens sortent ainsi et pointent leurs flèches vers les cieux nuageux.
Aurélie, Eve et moi sommes partis pour entrer dans le monde étrange de l'art contemporain au sein du centre Pompidou.

Nous commençons par nous rendre au dernier étage où se tient l'exposition temporaire "Air de Paris". A l'occasion des 30 ans du centre Pompidou, celle-ci présente des oeuvres datant des années 70 à nos jours sur le thème des mutations de l'espace urbain et de l'habitat. Plus largement, certaines oeuvres présentées nous ont renvoyé à notre présent. C'est le cas de ce papier peint illustré de deux moutons en pleine discussion et condamnant le clonage.
Sophie Calle est une photographe aimant se mettre en scène, utilisant parfois des méthodes controversées pour ses oeuvres. Elle a détourné de son usage touristique la tour Eiffel en y passant une nuit blanche, tandis que des visiteurs venaient lui raconter une histoire pour essayer de la maintenir éveillée. Une photo la présente dans une robe blanche lors de cette nuit.
Dans un passage sur l'urbanisme du futur, le visiteur peut voir un jeu vidéo intéractif, puis au détour d'une pièce, tombe sur un exemple des murs végétaux du français Patrick Blanc. Botaniste et chercheur au CNRS, il a développé l'idée de véritables jardins verticaux. Sa connaissance en plantes lui conférant une inspiration sans limite. Il ne serait pas étonnant que ses créations se développent et se répandent dans un contexte de réchauffement climatique et d'écologie.
Certaines oeuvres nous présentent cependant le monde dans tout ce qu'il a de plus horrible. Comme ce mur, sur lequel s'alignent les planisphères boursouflés, symbolisant le durcissement du monde, devant lesquels des dizaines de photos de conflits sont accrochées. Plus proche de notre société, un écran d'ordinateur sur lequel s'affiche des pop up avec un texte pornographique montre l'invasion et l'agressivité du web dans notre espace privé.

Alors qu'Eve, partie en direction de sa lointaine ville du sud, nous avait quitté, Aurélie et moi avons continué, pour voir l'exposition permanente et celle consacrée à l'artiste Julio Gonzales. Si cet artisan-artiste (ou l'inverse) a été fortement inspiré par sa femme, quelques unes de ses premières créations, des bijoux floraux m'ont vraiment impressionnées. Ses scultures dont la célèbre "femme se coiffant", en réponse peut-être à celle de Picasso, ont mis à l'honneur le fer.

Au même étage, mais de l'autre côté, se trouve l'exposition permanente. Sous les explications d'Aurélie, j'ai un peu mieux compris le monde étrange de la peinture, voyant d'un autre regard monochromes et autres peintures épurées.
Une étrange salle de laquelle sortait des sons étranges nous attire à moment donné. Assis sur des bancs, dans l'obscurité, nous faisons face à quatre écrans. Des hauts parleurs renvoient des sons noyés, pris au fond de l'eau. Sur les écrans, une naïade à la robe parfois blanche, parfois noire, et aux pans infinis flotte avec grâce, immergée à la surface d'une étendue d'eau. Il y a dans cette pièce un calme et une sérénité assez étrange. Si elle peut être inquiétante cet oeuvre a eu le don de nous apaiser. J'aurais pu rester là des heures.
Dans la salle design, les meubles gonflables nous renvoyaient des les lointaines années 70, que nous n'avons d'ailleurs pas connu. Ainsi, l'art d'avant hier a donné le design d'hier, et comme le montrait l'aile sur Philippe Starck et les sciences dans l'art, le design d'aujourd'hui s'inspire des sciences de son temps.

Finalement, je suis parti avec la crainte de ne pas tout comprendre, d'être trop rationnel pour l'art. Il est vrai que j'aime comprendre les motivations des artistes cependant certaines oeuvres abstraites restent très fortes. A quelques exceptions près, la plupart de ce qui était exposé m'a touché. J'ai donc été très agréablement surpris, voyant avec un oeil neuf un domaine que je ne connaissais pas du tout. Les artistes inscrivent bien souvent leur oeuvre dans un contexte politique et temporel précis, faisant passer par là des messages dont la portée est bien plus importante que la seule "beauté de l'art". Ca tout particulièrement, ça m'a marqué. Un artiste peut donc être engagé et défendre avec justesse et ferveur des causes comme l'écologie, le multiculturalisme, la vie privée, etc... Si je le savais, je ne m'en étais pas encore vraiment rendu compte.
Le temps est passé sans que je ne m'en rende vraiment compte. Rentrés à 15h, nous sommes ressortis après 18h, finissant par discuter devant un muffin dans un Starbucks coffee.

Sources complémentaires (en plus de ma seule petite mémoire):
- Site officiel du centre Pompidou
- Des infos sur Sophie Calle
- Des infos sur Patrick Blanc
- Des infos (succintes) sur Julio Gonzales
- Des infos sur Philippe Starck

3 commentaires:

Aurélie a dit…

Splendide !
Mieux que le flux RSS : le SMS pour prévenir d'un nouvel article ! ;)
Chapeau mister.

Rodrigo a dit…

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AlpiN a dit…

Grrr, un commentaire de pub, j'aime assez peu, mais je ne peux pas le modérer vu que je n'avais pas activé l'option. Je ne m'y ferai pas reprendre.

Leely, que ne ferai-je pas pour te tenir au courant en avant première (bon, désolé de t'avoir réveillée ...)