Pages blanches, taches d'encre et réflexions d'un idéaliste

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samedi 22 décembre 2007

J'ai les boules et ça sent le sapin...

Message court, pour une fois.



J'attaque les vacances de Noël sans motivation,
en comptant les dizaines de feuilles doubles qu'il me faut apprendre,
comprendre et compléter,
pour bien préparer les partiels de janvier.
S'il n'y avait pas eu de blocage, j'aurais déjà passé les exams, et je serais déjà en vacances (les vraies, sans aucunes révisions)...

MAIS
Noël reste Noël.

Bonnes vacances ! Bonnes fêtes ! Profitez de la famille, et du ski pour ceux qui ont la chance d'y aller.
Moi, je ne vais pas me géner !

La boule ci-dessus à été réalisée suite à un jeu de noel lancé sur le forum de la brouette.

samedi 1 décembre 2007

Le poids des larmes


Un mardi de novembre à Grenoble. En début de soirée, le soleil est déjà couché, et un vent froid recouvre la ville. Les magasins ferment petit à petit, la ville semble se calmer. Après une journée active, les gens rentrent chez eux.
Je suis allé me promener dans les rues étroites de la vieille ville, moins encombrées qu'en pleine journée, et alors je rentre chez moi. Je prends le tram qui me ramène sur le campus. Le vrombissement des rames accompagne la musique de mon walkman. Je me calme, bercé par le mouvement et par la musique. Ce soir là, mon petit univers semble baigné de sérénité.

Le tram stationne quelques secondes à chaque arrêt. Rien ne stoppe la machine qui poursuit son parcours. Le véhicule passe non loin de l'hôpital. C'est là que monte la jeune femme à la poussette. Deux choses me marquent en la voyant : elle a les yeux rougis, sa poussette est vide. Des sentiments confus me submergent. La curiosité d'abord. Que s'est-il passé dans cet hôpital pour abattre ainsi la jeune femme ? Qu'est-il advenu de son enfant ? Est-il seulement malade ou alors, un scénario pire est-il imaginable ? J'en frissonne, je n'ose y penser. Toute sérénité s'est envolée, l'empathie me prend dans ses griffes avec douleur.
Le jeune femme attire mon regard. Derrière elle, les portes se referment, elle se met à sangloter. Elle fait un pas, se rapproche de la paroi, s'y appuie et s'asseoit. Non, en fait elle se laisse tomber. Elle est écrasée par le poids de son chagrin. Je détourne les yeux, je regarde autour de moi. Personne ne semble l'avoir remarquée, ou alors, personne ne veut la regarder. La gorge sèche, je n'ose pas m'approcher. La gorge noué par l'émotion. C'est comme ça : je ne gère pas mes émotions, alors je ne sais pas comment réagir à celles des autres. Impuissant, je me mords la lèvre et j'espère que quelqu'un va bouger, que quelqu'un va faire ce que moi je n'arrive pas à faire.
Au bout d'interminables minutes, une jeune femme s'approche de la mère éplorée. Elle lui glisse un mot que je n'entends pas. Etouffée par ses sanglots, elle semble incapable de répondre, elle est inconsolable.
La consolatrice de fortune reste à côté, muette, n'ayant pas obtenue de réponse. Elle ne sait pas trop quoi faire, embarassée. D'un côté, je suis soulagé : moi non plus je n'aurais pas pu faire grand chose.

Arrivés sur le campus, nous sortons, abandonnant la jeune mère à ses pleurs et à son histoire inconnue. Ce soir là, je dors mal, mon sommeil est troublé par l'angoissant mutisme d'une jeune femme à la poussette vide.

Dessin : Leely (merci !)

Marche funèbre et vocabulaire


En ces temps troublés, il est difficile pour nous autres, individus quelconques, de comprendre les mouvements de grève. De ce constat m'est venu l'idée de ce petit lexique de la grève. Voici quelques définitions pour y voir plus clair.
Je souhaite vous assurer de ma TO-TA-LE neutralité et du sérieux des définitions proposées...

Antibloqueur : individu bien souvent non gréviste, à la solde du gouvernement mais qui ne le sait pas.
Assemblée Générale : grande réunion, bruyante et désordonnée, d'individus qui veulent faire croire le contraire.

Blocage : kermesse conviviale sur le lieu de travail. Suit communément les AG.
Bloqueur : gréviste au stade terminal. Ne trouve pas d'autre moyen d'expression que la fermeture des locaux dans lesquels, de toute façon il n'aurait pas travaillé.
Bouchon : moyen convivial de rencontre en voiture, caractérisé par ses codes de communication,le klaxon et les insultes.

Confédération Générale du Travail : grande association sportive qui fait parler d'elle et vise à développer la marche et la randonnée urbaine.

Désobéissance civique : nom politiquement correct donné à une grève antidémocratique
Démocratie : régime politique,où la souveraineté est exercée par le peuple, sauf quand les grévistes -minoritaires- récupèrent le concept. Ex: « Seules les AG sont démocratiques »
Droite : ensemble de gens et d'idées facteurs de grèves. Majorité qui galère.

Ecologie : concept fortement lié au développement durable, oublié par tous lorsque des dizaines de milliers de voitures n'avancent pas sur les routes, moteur allumé (voir bouchon).
Etudiant : individu qui lit des livres et s'arroge le droit de réfléchir pour les autres, ou croit le faire (Voir université). "Point d'avenir..."

Galère : moyen de locomotion collectif, à la mode depuis peu.
Gauche : minorité silencieuse. Vaste mouvement d'opposition ... les uns aux autres.
Gouvernement : ensemble de gens aux sourires forcés face aux caméras. "Points d'idées sur le sujet"
Grève : mot court bien pratique quand on n'est pas d'accord, qu'on ne sait pas pourquoi on l'est et qu'on peut encore moins l'expliquer.

Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), Lutte Ouvrière (LO) : partis de gauche pas maladroits quand il s'agit de chanter et porter des bannières. Très favorables à l'Internationale mais opposés à la mondialisation (moi non plus je ne comprends pas...). "Poings levés"

Main levée : popularisée par un grand petit homme politique allemand dans les années 30, c'est un moyen d'expression généralisé en assemblée générale.
Média : grévistes qui s'ignorent. Font un blocage dans leurs titres, sur la grève. "Font le point".
Ministre du travail : souffre-douleur officiel du président.

Otage : désigne les non-grévistes du point de vue non-gréviste. Synonyme : « mouton » du point de vue gréviste.

Parti Communiste (PC) : ensemble de fossiles, généralement favorable aux grèves. "Dorment à poings fermés"
Parti Socialiste (PS) : grand parti d'opposition ... à la grève générale. "Points de suspension..."
Patience : vertu que l'on se découvre généralement quand on la perd. Tend à disparaître en période de grève.
Piéton : citoyen qui fait un petit geste pour l'environnement, à l'insu de son plein gré.
Police : organe de la répression gouvernementale, punching ball. Bien utile quand des antibloqueurs deviennent violents mais totalement injuste quand les grévistes le sont... "Poings dans ta gueule"
Président (de la République) : sourd-muet qui répond après coup à la vox populi. "Un point c'est tout"

Ras-le-bol : ce qu'indique le baromètre de l'humeur des français en période de grève. Occurrence la plus répétée par le français moyen.
Répression : moyen d'expression privilégié des forces de police, selon les syndicats, travail bien fait, selon les forces de police.
Revendications : ensemble confus de paroles qui ressortent d'une AG ou d'une manif. Ex : "A bas le gouvernement" "Du pain et des jeu" "Votez Loana". A noter, bien souvent, elles gênent tous le monde mais personne ne les entend.

Syndicaliste : futur retraité, qui pour s'occuper en l'attendant, adhère à une association de grognons.

Transports en commun : service public qui ne bouge pas.

Université : lieu singulier où Rousseau et Marx sont lus par les descendants enfumés de Bob Marley et du Che. Grand squat étudiant (voir étudiant)

Vélib' : alternative suante. Moyen de transport privilégié par l'ensemble des français... à Paris. Tant pis pour les autres, ils avaient qu'à voter socialiste (voir PS) aux municipales.