Pages blanches, taches d'encre et réflexions d'un idéaliste

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lundi 24 mars 2008

Talon-tueux riders

Face aux montagnes transformées, aux remontées mécaniques imposantes, qui sont autant de coups infligés à la nature, comment lutter ? Par un retour aux sources peut-être.

Avant le ski de piste tel que nous le connaissons, il y avait le ski, véhicule sommaire pour évoluer sur la neige. Longues planches de bois que l'homme fixait à ses pieds pour mieux glisser sur un sol qui se dérobe aux pieds non équipés.
Peu après le milieu du XIXème s. , un norvégien de la région de Télémark imposa son style : poids sur la jambe en aval et jambe intérieure fléchie; la position télémark était née.
Passé de mode, le télémark revient depuis quelques années, et il est de plus en plus courant de croiser ces étranges spécimens, à mi chemin entre le skieur de fond et le skieur de piste. Dans la famille, je suis le dernier de la fratrie à ne pas m'y être mis. C'est désormais chose faite.

Dans l'idée d'équiper des télémark pour aller faire de la randonnée à ski -manque de neige et suroccupation des pistes en périodes de vacances vous donnent envie de vous frotter à la nature plus calme- , j'ai donc essayé cette discipline.

Samedi, première journée, et un constat : ça fait mal aux cuisses. Le télémark est physique, même si, en gagnant en technique on doit pouvoir économiser pas mal d'énergie. Tentative laborieuse en poudreuse après 5 min, il reste des progrès à faire sur les pistes dammées avant d'aller voir en hors piste. Je finis cassé, courbaturé, mais avec cette sensation d'excitation mélée de curiosité qui pousse à voir plus en avant. Il y a quelque chose de probablement très particulier et plaisant dans cette glisse, mais il faut s'acharner un peu pour s'en rendre compte.

Dimanche donc, après avoir récupéré difficilement de la veille, c'est parti pour une nouvelle matinée de génuflexions. Au bout d'une heure ou deux, la raideur sur la jambe gauche qui m'empêchait de tourner à droite s'atténue, si je ne suis pas aussi fluide des deux jambes, me voilà désormais capable d'enchaîner les virages un peu plus en rythme. Let's ride - Enjoy.
Trois heures plus tard, et quelques buches de plus à mon palmarès -dont une collision avec un skieur qui maitrisait moins sa vitesse que moi, et surtout ne regardait pas autour de lui-, c'est le grand trip, le bonheur simple de la glisse. Avec un ami lui aussi débutant (mais qui a déja quelques sessions à son actif) nous enchaînons les pistes et nous nous faisons plaisir, d'autant plus qu'aujourd'hui, il n'y a pas trop de monde. Les trajectoires sont plus précises, les déséquilibres moins nombreux. Genoux près du sol, au gré des courbes de la piste, nous glissons, carvons un peu parfois, mais surtout nous profitons.

Il ne m'aura fallu que quelques heures pour vraiment ressentir une sensation de glisse en télémark, avec l'aide non négligeable d'un niveau appréciable en ski de piste et à une condition physique potable qui a permis d'enchainer les pistes et les flexions.
Avec de l'entrainement, quelques journées de plus, il sera bientôt possible de partir en randonnée avec des télémarks, et d'abandonner le bruit et la dangerosité des grands domaines skiables pour se ressourcer hors des sentiers battus.

3 commentaires:

David a dit…

J'ai vu ce genre de skieurs quand je suis allé à la montagne il y a quelques semaines. Enfin ... en fait je n'ai vu qu'un seul skieur avec ces drôles de skis, et cela m'avait intrigué ce talon qui n'est pas fixé alors je suis content d'en savoir un peu plus avec ton article ;)

S'krib a dit…

Et je ne suis pas moins content d'avoir pu t'éclairer !

Anonyme a dit…

ainée de la fratrie et deuxieme en telem
belle definition du telem et bien venue au genuflexclub
ouioui