Pages blanches, taches d'encre et réflexions d'un idéaliste

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vendredi 1 février 2008

RAV 14 : Voyages en cases et en bulles



Profitez les parisiens, les auteurs sont pas méchants, pas trop :)
D'autres infos à ce sujet ici.

vendredi 18 janvier 2008

L'ordi, c'est mal


Par une réalisation de Leely, sur un scénario original (je sais pas s'il l'est, mais comme mention, ça claque) de ... moi, ami g33k, lis, et pense qu'il y a un monde autour de ton écran 22 pouces.

Cette planche a été réalisée pour le blog des accros.
Petit rappel, il y avait déjà eu ça

mercredi 25 juillet 2007

L'anniversaire du jour est...


...celui de Leely.

Comment ça "qui est Leely"? Là, lecteur, tu me déçois, ne lis-tu donc pas mes articles ?
Puisqu'il faut récapituler, et en bon cadeau bloggesque, je vais tâcher de dresser à la plume le portrait rapide de cet amatrice de pinceau.

Né un 25 juillet 1987, Leely, qui porte le si beau prénom d'Aurélie (aucun parti pris de l'auteur...) a vite eu en main, comme tout enfant qui se respecte, un crayon et une feuille. Il se trouve que contrairement à d'autre, elle n'a jamais laché ces crayons, y ajoutant même feutres, pinceaux. Mélangeant pigments, aquarelle et pastels, elle prend un malin plaisir à photographier visuellement son monde et à le retranscrire manuellement sur papier. Vous l'aurez compris, elle dessine, mais pas seulement, elle est aussi douée en piano.

Comment l'ai-je connu : question intéressante. Elle est Sétoise, je n'ai jamais mis les pieds dans ce coin du pays tout comme elle n'est jamais venue à Briançon. Au XXIeme siècle, génération internet oblige, nous nous sommes connus via msn.
Il se trouve que vers 2002 - 2003, msn proposait un système d'annuaire avec classement par tranche d'age. Dans la catégorie garçons de moins de 25 ans, j'étais l'un des premiers classé avec un pseudo simple: -_-_-_AlpiN_-_-_- . La demoiselle m'a donc ajouté et nous avons commencé à discuter. Finalement, c'est plutôt bien passé et nous avons gardé le contact via le web. A l'époque j'écrivais pas ou peu, et j'étais encore un "scientifique".

Plus récemment, pour la fête de la musique sur Paris a eu lieu notre première rencontre réelle. C'est particulièrement étrange de connaître quelqu'un, ou d'avoir la sensation de connaître la personne sans jamais l'avoir rencontrée auparavant.
Le temps qu'elle finisse un stage, et moi en job saisonnier, nous nous sommes donc croisés près de trois semaines dans cette grande et belle (et surtout grande) ville qu'est Paris.
Derrière les pseudos, il y a donc une jeune fille encore plus intéressante dans la vraie vie que sur le net qui dans le laps de temps que je l'ai vu m'a fait découvrir pas mal de choses. Pour cela ma chère, je te remercie.
La liste des sorties, qu'elle a pour la plupart illustré et dont vous pouvez trouver les récits sur ce blog :
- Fête de la musique.
- Caveau des Oubliettes (x2) pour concerts de jazz.
- Initiation au joyeux monde de l'art moderne au centre Pompidou.
- Soirée blogs BD.
- Soirée au Louvre.
- Et lors du 14 juillet, elle m'a évité de coucher sur le pavé parisien (RATP grrrr...), me laissant une petite place dans son appart malgré le fait qu'il y ait déjà sa famille.

Prenant de plus en plus de plaisir à écrire, et elle, toujours autant à dessiner, nous avons plus que jamais le projet d'une collaboration niveau BD. J'espère que cela finira par se concrétiser.
En attendant, pour ma première véritable "amie du web" :


Joyeux vingtième anniversaire ma grande !

dimanche 15 juillet 2007

Folle fin de semaine: Vendredi BD

Ami lecteur (au singulier, car je doute avoir suffisamment de succès pour accorder au pluriel), vendredi, la plume & le pinceau, S'krib & Leely, se sont donc rendus à une rencontre BD, ou blog: de bloggers BD!

Je rejoins donc celle qui avait esquissé un projet de soirée, trouvant sut le net l'adresse de la rencontre. Ca se passe au Bercy Village, charmant endroit, vivant plein de bars et restos. D'ailleurs le lieu de rendez-vous devait être un bar, le Frog. Nous traversons la pièce, l'oeil scrutateur à la recherche du moindre croquis mais personne si ce n'est une enfant ne semble dessiner. En sortant, nous débouchons sur la parc. Il fait beau -c'est bien la première fois en quinze jours que je vois un vrai soleil-, nous décidons de tenter notre chance. Cette fois ci, c'est la bonne.
Une bonne quinzaine de personnes est assise sur la pelouse et parmi elle une moitié tiens de quoi dessiner. Nous y sommes. Leely et moi nous intégrons à eux. Au sein des dessinateurs, je me trouve un peu seul à écrire. Je propose à Leely un jeu vu qu'on ne connait personne et que l'on a un peu de mal à engager la conversation (oui on est timide): je lui donne une phrase sans trop de sens, issue de mon imagination, et à partir de là elle doit dessiner ce qu'elle visualise. L'expression en question était: "Une blanche citadelle aux tours élancées, adossée à une cascade". Le résultat en image ci-joint. J'ai pas la même interprétation du mot citadelle qu'elle mais le résultat est sympa. Pour moi c'est sensé être fortifié, pour elle, c'est plus mignon, avec un petit air "schtroumph".
En discutant, j'apprends qu'en fait je ne suis pas le seul à tenir un blog d'écriture. La demoiselle de "La vie comme elle est" ne dessine pas non plus. Je ne suis plus seul au milieu de ces détraqués à crayons! Elle fait plutôt dans l'humour, blog à consulter! Le temps passe à discuter, à consulter des planches de dessin tandis qu'à côté se tient la réunion de travail de r-à-v (voir plus bas.)

Délogée par les gardiens, la joyeuse troupe se disperse. Certains vont manger japonais, d'autres dont nous faisons partis avec Leely se tournent vers l'Hippopotamus.
Il s'agit en fait d'une bonne parti du staff de rien-à-voir, un magazine de BD issu de la rencontre de BD bloggers. Plein d'humours et de talents, ils éditent chaque mois un magazine dont le contenu est un thème prévu à l'avance.
Hélas pour le personnel du restaurant, une quinzaine de joyeux drilles a donc débarqué. Nous avons du attendre un moment qu'ils nous trouvent une table d'importance suffisante ce qui a permis de discuter à l'extérieur des styles de chacun. Une fois installé, ce sont les sets de table qui ont pris cher, les bloggers ne résistant pas à l'envie de laisser une trace de leur passage. Un dessinateur c'est joueur !

J'en profite pour laisser mon platre, sacrifié au grand dieu de la BD, et aux markers des artistes. Chacun m'a donc gratifié de l'une de ses créations. Si le projet de peinture auquel nous avions réfléchi avec Leely ne s'est pas fait au moins, je fais dans le platre marrant.

Soirée sympa, car, entre autres discussions, j'ai appris que cette joyeuse troupe était aussi ouverte aux auteurs et scénaristes, et ça , ça l'intéresse le S'krib. Je me suis donc empressé de m'inscrire sur leur forum. Allez donc faire un tour je laisse les liens juste en dessous.
Merci à tous pour cette soirée qui change de l'ordinaire, et comme si cela ne suffisait pas, m'a encore plus donné envie d'écrire.

Sites à zieuter:
- Blog: laviecommeelleest
- Blogs BD, référence bon nombre de blogs
- Rien-à-Voir, le site
- Rien-à-Voir, le forum

jeudi 12 juillet 2007

Les caveaux parisiens, un son d'enfer ?

Il est des soirées durant lesquelles je suis prêt à sacrifier mon ouïe du moment qu'il y a à écouter de la belle musique -un peu trop fort-. Celle-ci rentrait dans mes critères: jazz et bonne humeur, de quoi relâcher un peu la pression du quotidien.
A la sortie du travail ce mardi, je me suis rendu une fois de plus sous l'impressionnante fontaine de la place saint-Michel pour une nouvelle soirée entre mélomanes. Rectification, avec une mélomane, moi-même n'étant qu'un padawan* ( "apprenti",pour fidéliser d'éventuels fans de star wars qui passeraient ici) en la matière. Partis pour écouter à nouveau du jazz, nous nous rendons au Caveau des Oubliettes.
Vous pouvez trouver une description de ce lieu dans les archives du mois de juin.
Programmée ce soir là, une Organic jazz jam session. Le concept est assez simple et convivial. Lors de la première partie du concert, des musiciens, animateurs réguliers du Caveau jouent, puis laissent leur place une heure plus tard à des amateurs qu'ils peuvent aussi accompagner. Nous ne sommes restés que pour la première partie, à cause du boulot le lendemain, mais aussi parce que les métros/RER ne sont pas infinis dans la nuit parisienne et qu'il faut pouvoir rentrer !

Installés sur des tabourets non loin de la scène, et après que nous ayons commandé, je me suis mis à observer un étrange personnage. Devant moi, assis, se tenait un petit homme, la cinquantaine passée, avec une barbe hirsute et une casquette Pizza Hut. Il se trouve que cet homme, Jeff Hoffman, était le guitariste de la soirée, et comme j'allais vite m'en rendre compte, il est doué. Non seulement, il l'est à la guitare, mais il est aussi possédé d'une énergie folle. Communicatif, il ne m'a pas du tout semblé qu'il se mettait en avant, mais qu'au contraire, il accompagnait à merveille le batteur et l'organiste. Selon moi, c'est une des qualités d'un grand musicien.

Stephan Patry, organiste, mais pas sur n'importe quel orgue: l'orgue hammond. Instrument électro-mécanique inventé au début des années 30, c'est quelque chose d'imposant et de très particulier. Sa sonorité peut-être imitée par des claviers numériques, mais Stephan joue sur une véritable orgue, dont le poids approche des 200kg! La caisse en début de soirée m'avait intriguée. Elle contient en fait le mécanisme d'électro aimant qui produit le son si particulier à ce massif appareil. Détournée de son usage premier -remplacer dans les églises les imposants orgues à tuyaux-, il reste utilisé par les musiciens de jazz. C'est bien entendu lui qui donne son nom au thème de la soirée: "organic jazz".

Troisième musicien, François Morin nous a gratifié à la batterie d'un solo déchaîné . Il co-anime les soirées du caveau le mardi avec Stephan dont j'ai parlé précédemment, c'est un batteur doué et enjoué, bien souvent souriant lorsque l'on peut capter son regard. C'est là tout le problème pour les batteurs, Cachés par leur matériel, et bien souvent en accompagnement, la musique ne leur rend pas forcément honneur. En jazz, chacun ayant sa place, et au caveau plus particulièrement, grâce à François, ce soir là, l'honneur des batteurs fut sauf !

Je commence probablement à prendre goût à la musique car, si je suis sorti à moitié sourd, ce fut une excellente soirée accompagné de mon double féminin et dessinateur, Aurélie.

Liens:
- MySpace du Caveau des Oubliettes
- Une page sur Jeff Hoffman
- Site de Stephan Patry
- Site de François Morin
- Un extrait de la soirée

mardi 10 juillet 2007

C'est tout un art que de bien l'apprécier!

- Les dessins sont encore une fois l'oeuvre et la propriété exclusive de Leely -

A nouveau, Paris se montre sous une météo médiocre. Tandis que, porté par l'escalator, j'observe le paysage qui s'offre à mes yeux: une mer houleuse de toits parsemée de récifs. Les monument parisiens sortent ainsi et pointent leurs flèches vers les cieux nuageux.
Aurélie, Eve et moi sommes partis pour entrer dans le monde étrange de l'art contemporain au sein du centre Pompidou.

Nous commençons par nous rendre au dernier étage où se tient l'exposition temporaire "Air de Paris". A l'occasion des 30 ans du centre Pompidou, celle-ci présente des oeuvres datant des années 70 à nos jours sur le thème des mutations de l'espace urbain et de l'habitat. Plus largement, certaines oeuvres présentées nous ont renvoyé à notre présent. C'est le cas de ce papier peint illustré de deux moutons en pleine discussion et condamnant le clonage.
Sophie Calle est une photographe aimant se mettre en scène, utilisant parfois des méthodes controversées pour ses oeuvres. Elle a détourné de son usage touristique la tour Eiffel en y passant une nuit blanche, tandis que des visiteurs venaient lui raconter une histoire pour essayer de la maintenir éveillée. Une photo la présente dans une robe blanche lors de cette nuit.
Dans un passage sur l'urbanisme du futur, le visiteur peut voir un jeu vidéo intéractif, puis au détour d'une pièce, tombe sur un exemple des murs végétaux du français Patrick Blanc. Botaniste et chercheur au CNRS, il a développé l'idée de véritables jardins verticaux. Sa connaissance en plantes lui conférant une inspiration sans limite. Il ne serait pas étonnant que ses créations se développent et se répandent dans un contexte de réchauffement climatique et d'écologie.
Certaines oeuvres nous présentent cependant le monde dans tout ce qu'il a de plus horrible. Comme ce mur, sur lequel s'alignent les planisphères boursouflés, symbolisant le durcissement du monde, devant lesquels des dizaines de photos de conflits sont accrochées. Plus proche de notre société, un écran d'ordinateur sur lequel s'affiche des pop up avec un texte pornographique montre l'invasion et l'agressivité du web dans notre espace privé.

Alors qu'Eve, partie en direction de sa lointaine ville du sud, nous avait quitté, Aurélie et moi avons continué, pour voir l'exposition permanente et celle consacrée à l'artiste Julio Gonzales. Si cet artisan-artiste (ou l'inverse) a été fortement inspiré par sa femme, quelques unes de ses premières créations, des bijoux floraux m'ont vraiment impressionnées. Ses scultures dont la célèbre "femme se coiffant", en réponse peut-être à celle de Picasso, ont mis à l'honneur le fer.

Au même étage, mais de l'autre côté, se trouve l'exposition permanente. Sous les explications d'Aurélie, j'ai un peu mieux compris le monde étrange de la peinture, voyant d'un autre regard monochromes et autres peintures épurées.
Une étrange salle de laquelle sortait des sons étranges nous attire à moment donné. Assis sur des bancs, dans l'obscurité, nous faisons face à quatre écrans. Des hauts parleurs renvoient des sons noyés, pris au fond de l'eau. Sur les écrans, une naïade à la robe parfois blanche, parfois noire, et aux pans infinis flotte avec grâce, immergée à la surface d'une étendue d'eau. Il y a dans cette pièce un calme et une sérénité assez étrange. Si elle peut être inquiétante cet oeuvre a eu le don de nous apaiser. J'aurais pu rester là des heures.
Dans la salle design, les meubles gonflables nous renvoyaient des les lointaines années 70, que nous n'avons d'ailleurs pas connu. Ainsi, l'art d'avant hier a donné le design d'hier, et comme le montrait l'aile sur Philippe Starck et les sciences dans l'art, le design d'aujourd'hui s'inspire des sciences de son temps.

Finalement, je suis parti avec la crainte de ne pas tout comprendre, d'être trop rationnel pour l'art. Il est vrai que j'aime comprendre les motivations des artistes cependant certaines oeuvres abstraites restent très fortes. A quelques exceptions près, la plupart de ce qui était exposé m'a touché. J'ai donc été très agréablement surpris, voyant avec un oeil neuf un domaine que je ne connaissais pas du tout. Les artistes inscrivent bien souvent leur oeuvre dans un contexte politique et temporel précis, faisant passer par là des messages dont la portée est bien plus importante que la seule "beauté de l'art". Ca tout particulièrement, ça m'a marqué. Un artiste peut donc être engagé et défendre avec justesse et ferveur des causes comme l'écologie, le multiculturalisme, la vie privée, etc... Si je le savais, je ne m'en étais pas encore vraiment rendu compte.
Le temps est passé sans que je ne m'en rende vraiment compte. Rentrés à 15h, nous sommes ressortis après 18h, finissant par discuter devant un muffin dans un Starbucks coffee.

Sources complémentaires (en plus de ma seule petite mémoire):
- Site officiel du centre Pompidou
- Des infos sur Sophie Calle
- Des infos sur Patrick Blanc
- Des infos (succintes) sur Julio Gonzales
- Des infos sur Philippe Starck

samedi 7 juillet 2007

Dans la demeure des rois

A celle qui me surveille via flux RSS, j'espère bien pouvoir ajouter à cet article ce que tu as croqué lors de la soirée culturelle.

Il y a à Paris un tableau, attirant plus qu'aucun autre les regards, grâce au sien qui depuis le XVIe s. intrigue tout le monde. Vraiment tout le monde? Non. Je dois l'avouer, le charme de Mona Lisa n'agit pas sur moi. J'en ai eu la confirmation hier, au Louvre.

Accompagné de Leely -je ne me déplace pas sans mon illustratrice de poche - et de sa soeur Laurie, le début de soirée était consacré à une rapide visite du Louvre. Rapide car nous y sommes arrivés un peu tard pour profiter pleinement des merveilles du palais. Le peu que nous avons pu voir était déjà assez grandiose. Comme en témoigne le dessin d'un Aurélien béat devant un plafond richement décoré.

Dans le palais Denon, réservé aux peintures françaises et italiennes, nous avons pu voir la très fameuse Joconde de Léonard de Vinci, le Radeau de la Méduse de Géricault ou encore, la Liberté guidant le peuple de Delacroix.
Pour la Joconde, c'était un peu le passage obligé. Une petite foule se pressait devant Mona, et nous l'avons observée d'un peu loin. Nous nous sommes en revanche arrêtés plus longtemps devant le radeau de la méduse. Le tableau est impressionnant, captivant et effrayant à la fois, dramatique surtout. Les corps sont tendus, les naufragés désespérés en distinguant une voile au loin: il n'ont que peu d'espoir d'être secourus, et leur désespoir est d'autant plus marquant que le tableau est sombre, dans son thème et dans ses couleurs.

Mon préféré reste celui de Delacroix. Le drapeau tricolore, la scène révolutionnaire, nourrissent mon coté de fier gaulois. Il semblerait que cette idée soit à la mode avec notre tout beau, tout neuf, ministère de l'identité nationale. Blague à part, ce tableau est l'un des rares que je connais, pour l'avoir étudié en cours d'art plastique il y a quelques années. Déja il m'avait marqué, avec cette Marianne-Liberté en son centre, accompagné, d'un gavroche révolutionnaire. Je trouvais la tableau à la fois simple et expressif, en le voyant en vrai, sa taille n'a fait qu'assurer mon sentiment.
Cependant, ce tableau s'il peut faire penser à la Révolution française de 1789, illustre en fait la révolution de 1830, dite "des Trois Glorieuses". Du 27 au 29 juillet, un mouvement populaire initié par des républicains pousse à la fuite Charles X (1824-1830), roi de France plus rigide que son prédécesseur Louis XVIII (1815-1824)et voit l'arrivée au pouvoir du champion des libéraux Louis Philippe d'Orléans (1830-1848). Leur modèle est une monarchie constitutionnelle à l'anglaise Delacroix aurait annoncé: "si je n’ai pas vaincu pour la Patrie, au moins peindrai-je pour elle..."

Un peu plus loin, un tableau intitulé la Jeune Martyre nous a laissé bouche bée. Attribué à un peintre que je ne connaissais pas du nom de Delaroche , le tableau représente une jeune fille morte immergée. Le travail sur les reflets de l'eau est magnifique, hélas, nous n'avons pas appris grand chose, la plaquette donnant des infos sur le tableau était très incomplète.

Les conservateurs n'étant pas particulièrement noctambules, nous avons quitté le Louvre , assez tôt, mais suffisament tard pour souffrir d'un vent frais digne de l'automne. Etes-vous sûrs que l'on est en juillet? Nous avons fini la soirée dans un restaurant italien où personne dans les employés ne semblait parler français, et étonnement, pas non plus italien... J'ai parfois du mal à comprendre Paris.

jeudi 28 juin 2007

Message crypté, en direct du caveau (ou presque)

Ndla: Les dessins qui illustrent l'article sont l'entière propriété de Leely (Merci :) ). Allez voir son blog!


Le ciel gris, encombré de nuages, est bien menaçant sous la lumière tombante. Au dessus de moi, l'archange saint Michel terrasse le démon devant les passants. La statue érigée sous Napoléon Ier est grandiose. Au plein coeur de paris, il est 21h30, j'attends Leely pour une soirée jazz -je ne le sais pas encore-.

Cela se déroule au Caveau des Oubliettes, petite perle pour les mélomanes fans de jazz. Non loin de la Seine, rue Galande, la bar vu de l'extérieur cache bien son jeu. Les larges lettres gothiques rappellent le nom du bar au visiteur. La salle est petite, le confort limité. Les murs en pierre apparente donnent à l'ensemble un aspect brupt, agressif, que le bois sombre de la charpente et des meubles soulignent. Encastrée dans une poutre, une guillotine, datant de quelques années après la Révolution française. Lugubre? Non, "historique"... (bon ok, lugubre).

Nous arrivons devant vers 21h45. Un peu en avance car la salle de concert en sous-sol n'ouvre pas avant 22h. Quittant pour quelques minutes l'atmosphère étouffante de la pièce principale, nous restons dehors, à discuter, puis, quand un léger crachin se met à tomber nous nous abritons sous un échaffaudage, devant la devanture féérique d'une boutique vendant des babioles bariolées. Le temps passe vite à discuter orientation, journée de boulot et stage, il est l'heure de s'enfoncer dans les profondeurs du caveau des oubliettes.
Par la porte du fond, nous empruntons un vieil escalier en pierre qui nous mène quelques mètres plus bas. Sur la droite, une salle d'une petite quinzaine de mètres de longueur dans laquelle s'entassent tables et tabourets, vites occupés. Nous nous retrouvons juste devant la scène légèrement surélevée sur laquelle le matériel a déjà été installé. Un regard autour de moi et je comprends vite le nom du bar: d'anciennes fenêtres obstrués portent encore les traces de la présence de solides barreaux. Les lourdes portes en bois tout aussi sombre qu'à l'étage sont surmonté de figures menaçantes. Derrière l'estrade, c'est un satyre grimaçant qui menace les spectateurs, semblant leur interdire l'accès au reste du sous-sol. Aussitôt, ce lieux m'intrigue, je me demande quelles horreurs se sont déroulées ici. Je n'ai cependant pas le temps de m'interroger sérieusement. Leely sort son matériel (feuilles, stylos et feutres d'une boite métallisée Rottring) tandis qu'arrivent les artistes. Devant nous, le serveur a déposé nos bières: nous sommes armés pour la soirée.

A peine installé, le groupe "yves eouzan trio" nous est présenté, et sans perdre un instant, la musique s'élève, ça swingue! Les cinqs musiciens jouent presque non stop pendant deux heures, se reposant à tour de rôle. Un moment, le chanteur/guitariste se repose, la flûte passe au saxo, pendant que la basse le clavier et la batterie se lancent dans un dialogue endiablé. A tour de rôle, ils prennent ainsi quelques minutes de pause méritées.
Le chanteur, un noir à la voix chaude ajoute occasionnellement sa voix aux instruments, dans un anglais sans accent. Ils jouent et semblent s'approprier des standards, certaines mélodies ne me sont pas inconnues. Je n'ai pourtant presque jamais écouté de jazz.
Au ravissement audio, il y a aussi le ravissement visuel. Toute performance artistique m'impressionne, et voir Leely saisir au vol les expressions m'a laissé béat. Tout en ombre en quelques taches sombres, elle se met à dessiner. Au début je ne vois pas ce qu'elle dessine, je scrute des yeux la scène, et soudain l'évidence me saute au visage. Là c'est le micro, ici, l'ombre du projecteur, et ça les yeux du chanteur! Feuille après feuille apparaissent des visages et des corps, des pièces d'instruments. En noir sur fond blanc, et là un peu de couleur: le pull rouge de la saxophoniste, seule couleur à contraster avec le noir laissé par les feutres et les stylos.

Minuit arrive vite. Nous partons et nous nous disons au revoir avant de nous séparer. Leely par le métro, Manue qui nous a rejoints par le bus et moi-même par le RER. La soirée était sympa, trop beau, il me fallait quelquechose pour flipper un peu... Arrivé sur le quai du RER, un message m'apprend que suie à un mouvement social (une p**** de grève) il n'y a plus de traffic sur la ligne. Je rentre comment ? Heureusement, après avoir frôlé l'infarctus, je vois déboucher au loin l'avant rouge et bleu de la rame de tête, je suis sauvé.