Pages blanches, taches d'encre et réflexions d'un idéaliste

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samedi 18 octobre 2008

Questions de temps

Un peu de culture ne fait jamais de mal. Voici la partie que j'ai traité d'un exposé sur la notion du temps à Rome et à Pompéi. C'est l'un des travaux qui, jusqu'a maintenant, m'a demandé le plus de travail de synthèse. D'abord, pour trouver comprendre les sources, ensuite pour essayer de réexpliquer le tout à peu près clairement. Rédigé mais prévu pour l'oral, certaines formulations sont probablement lourdes ou redondantes, mais si vous n'êtes pas contents, vous n'aviez qu'à être là vendredi matin en TD pour écouter ceci en "Direct Live"...



Questions de temps :
Du calendrier annuel à la journée pompéienne

En 79ap. J.C., l'éruption du Vésuve fige le temps à Pompéi, nous laissant un cadran solaire dans un bel état de conservation, devant le temple d'Apollon dans le noyau samnite de la ville. Cet objet conçu pour voir l'avancée des heures rappelle que les Pompéiens et leurs contemporains savaient mesurer le temps. Cependant, dans une société vivant au rythme de la lune, du soleil et des dieux, la manière de le visualiser a évolué avec la compréhension des mécanismes du monde tout en gardant une grande part de mythe.

Pompéi reste un cas particulier et dans notre recherche pour mieux comprendre la notion de temps nous avons du élargir nos recherches à l'Italie romaine : nous nous sommes intéressés à Rome, pour laquelle les sources écrites sont plus nombreuses et nous permettent d'approcher la notion de calendrier, à l'image des écrits de Vitruve et des Saturnales de Macrobe.

Nous allons chercher à comprendre la vision du temps des Pompéiens et de leurs contemporains avec les moyens dont ils disposaient pour le mesurer, mais aussi en nous intéressant à la part de mythe, à l'impact de la religion dans la vie et dans la division de la journée.

Pour ce faire, nous allons d'abord explorer l'idée de calendrier, la division de l'année, les mois dans une organisation très structurée de la vie religieuse et politique. Ensuite, nous nous intéresserons à la semaine et à la journée, à l'utilisation de cette dernière par l'individu ainsi qu'aux systèmes de mesure du temps. (partie développée par une camarade que je n'ai pas à disposition)


I. Un calendrier annuel, pour la vie civique et religieuse

A Rome, la religion et la politique sont intimement liées. Le culte des dieux les plus importants et un certain nombre de cérémonies publiques sont effectuées par des magistrats et montrent à quel point la religion marque le calendrier à Rome.

A. Calendrier lunaire, calendrier solaire, l'année.

Dans l'histoire de Rome, un certain nombre de calendrier ce seraient succédés, c'est à eux que nous allons nous attacher dans un premier temps afin de comprendre la division de l'année en mois.

A l'origine de Rome, c'est un calendrier lunaire, i.e. basé sur les cycles de lune, de 10 mois qui est utilisé. Son origine est attribué à Romulus, dans les textes, mais il semble plus probable que ce soit une réutilisation d'un calendrier étrusque. L'année ne faisait alors que 304 jours.

Après Romulus, la légende attribue à Numa Pompilius, roi de Rome, la mise en place d'un calendrier lunaire de 355 jours. L'année est divisée en 12 mois. Cependant, l'année lunaire présente un décalage avec l'année solaire. Il y avait donc l'obligation de rattraper le retard en « intercalant » (mensis intercalaris) un mois, c'est à dire en rajoutant un mois tous les deux ans. Plusieurs auteurs antiques attribuent cette évolution à Numa (Ovide, Solin, Tite-Live, Cicéron : Des lois). Il faut nuancer les écrits de ces auteurs, car il semble plus probable que ce calendrier lunaire de douze mois date de la période des décemvirs (decemviri legibus faciundis) qui de 451 à 450, donc au milieu du V ème s. remplacent les consuls et rédigent les lois des Douze Tables (texte juridique fondateur à Rome).

La grande modification du calendrier vient avec Jules César. En 45 av. J.C. , il prend conseil auprès d'un astronome d'Alexandrie, Sosigène (qui vit au Ier s. av JC). et crée le calendrier julien, calendrier solaire de 12 mois. Cette fois, l'année fait 365 jours avec des mois de 30 et 31 jours . Tous les 4 ans, un année bissextile fait 366 jours : c'est à dire qu'on ajoute un jour le sixième jour avant les calendes de Mars (i.e. Bis sextum, doublement du 6ème jour).

Pour dater les années, les romains utilisaient divers systèmes que nous allons voir maintenant.

Il y a la datation renvoyant à la fondation de la ville A. U. C. (Ab Urbe Condita) usuellement 753av JC. Un deuxième mode de comptage consiste à prendre comme point de référence l'expulsion des rois, en 509av JC indiquée par l'abréviation P. E. R. Post Exactos Reges.

Cependant le système qui semble prévaloir est le suivant : les consuls prennent leur charge en début d'année (le 1er janvier depuis 153av JC) c'est pourquoi on avait pour habitude de nommer l'année du nom des deux magistrat les plus importants de Rome La liste des années désignées par les noms des magistrats s'appelle fasti consulares. Dans les textes, nous trouvons les noms des consuls avec la mention consulibus. Un exemple pris dans les Res Gestae Divi Augusti, qu'Auguste devient Pontifex Maximus : P. Sulpicio C. Valgio consulibus, sous le consulat de P Sulpicio et C. Valgio. (en 12 av. J.C.)


B. L'origine du nom des mois

L'aspect technique de la division en mois étant maintenant un peu plus clair, afin de mieux comprendre l'influence du religieux et du politique, nous allons nous intéresser maintenant à une question étymologique, d'ou viennent les noms des mois ?

Nous avons vu précédemment qu'il existait un calendrier lunaire de 10 mois. C'est de celui-ci qui viennent la plupart des noms des mois. Mars, alors premier mois de l'année est dédié par Romulus au dieu de la guerre.

Pour avril, l'origine du nom est contestée (Vénus ou mois de la floraison ?). Dans la même idée, l'origine de mai et juin est contestée. Macrobe donne comme explication la plus probable que Mai vient de maiores et Juin de juniores, symbolisant là la division de l'état romain, entre les jeunes qui tiennent les armes et les anciens qui ont la sagesse et la réfléxion. Du cinquième au dixième mois, les noms sont alors encore transparents : quintilis (actuellement juillet), sextilis (actuellement aout), september, october, november, dicember. Ils indiquent simplement le numéro du mois.

Numa aurait lui ajouté deux mois : Januarius, Janvier, placé après le dixième mois et avant le premier. Dédié au dieu à double face, Janvier regarderait donc aussi bien vers l'arrière, l'année passée, que vers le futur, l'année à venir. L'autre moi Février, est lui consacré à Februus, une personnification des rites purificatoires qui ont lieu tout au long du mois (ex: amburbium purification de la ville).

Finalement deux mois vont changer de nom pour donner le calendrier que nous connaissons. Ce sont les 5ème et 6ème mois de l'année lunaire de Romulus.

En 44av JC, Marc Antoine, consul propose une loi pour que quintilis reçoive le nom du dictateur Jules César pour honorer le mois de sa naissance.

Sextilis change lui de nom en 8av JC grâce à un senatus-consulte dont voici les termes :

« Considérant que c'est au mois de sextilis que César, investi du pouvoir de commandement a exercé son premier consulat, qu'il est entré en triomphateur à Rome à trois reprises, que ses légions sont descendues du Janicule et ont suivi ses auspices et le respect du serment militaire , que c'est encore au cours de ce mois que l'Egypte a été soumise à la domination du peuple romain et dans ce mois est et a été très heureux pour l'Empire romain, le Sénat décide de lui donner le nom d'Augustus. »

Sextilis est donc devenu notre mois d'août.


C. Calendes, ides et nones

Une subdivision ancienne scinde le mois en trois périodes. C'est la partie la plus compliquée de mon propos puisque ce système nous est désormais complètement étranger. Nous allons essayer d'éclaircir le fonctionnement de la division du mois en calendes, nones et ides.

A Rome, jusqu'à la fin du IVème s. av JC, les calendriers n'étaient pas affichés mais annoncés chaque mois par des prêtres. Ce système d'annonce se base sur une division du mois qu'il faut comprendre pour espérer comprendre l'influence de la religion dans le calendrier romain, mais aussi pour comprendre les très nombreuses inscriptions -souvent datées- que les pompéiens nous ont laissés sur leurs murs.

Intéressons nous d'abord à la division du mois en trois périodes :

  • du lendemain des calendes aux nones.

  • du lendemain des nones aux ides.

  • du lendemain des ides aux calendes du mois suivant.

Avec les modifications du calendrier que nous avons vu dans une première partie, des jours ont été rajoutés aux mois, décalant nones et ides. Ainsi les nones se déroulent le 5 du mois mais le 7 pour Mars, Mai, Juillet, Octobre et les ides sont le 13 du mois, mais le 15 pour Mars, Mai, Juillet, Octobre. En revanche, la durée des ides (i.e. Du lendemain des nones aux ides) reste fixe : 8 jours.

L'étymologie nous aide à comprendre ceci : nones voudrait dire neuvième jour, ce qui indique bien la durée de l'intervalle des nones aux ides. Une deuxième hypothèse plus religieuse nous donnerait pour nones l'expression nouae initium observationis, « nouveau cycle d'observations religieuses ».

Pour ides, il y a plusieurs hypothèses incertaines, mais ce qui est sur c'est que dans le calendrier lunaire, les ides tombent au milieu du mois, quand la lune est pleine.

Maintenant, voyons deux exemples d'inscriptions pompéiennes illustrant toute l'importance de la datation pour des sujets plutôt léger, cela nous montre que ce système qui paraît compliqué était couramment utilisé :

HIC FVTUI

XIX K SIIP XIII K SIIP

Ici j'ai baisé, le 19 des calendes de septembre (15 aout) et le 13 des calendes de septembre (21 aout)

CIL 4, 4260.

Idibus Martia / in sumptum sumisi

Le jour des ides de mars, je me suis laissé aller à la dépense

CIL 4, 8013.


D. Jours fastes et jours néfastes

La religion est omniprésente sous la République et l'Empire et a une grande importance sur le calendrier, qu'elle détermine. Nous allons maintenant nous pencher sur la question des jours fastes et néfastes. Mais d'abord, voyons en quoi ils sont liés aux calendes et aux nones

Sous la République et jusqu'à la fin du quatrième s. avant notre ère, une annonce orale était faite sur le Capitole, le jour des calendes. Le Rex sacrorum annonçait alors les jours fastes et la jours néfastes. Après quoi, la population devait revenir aux nones afin de savoir quelles fêtes seraient célébrées dans le mois.

Revenons un instant sur le mois intercalaire pour voir qu'à toute les époques, religion et politique ont été très liés dans la société romaine. Ce sont les pontifes qui décidaient aussi du placement d'un mois intercalaire. Cette intercalation était notamment une manoeuvre politique permettant de réduire la durée de la charge d'un opposant qui avait été élu, dans une société de magistrats-pontifes. Ainsi, le pouvoir religieux faisait donc efficacement pression sur le pouvoir politique.

Par la suite, le Pontifex Maximus, chef de la religion romaine annonce le calendrier annuellement en indiquant les jours fastes et les jours néfastes.

Les jours fastes, il est possible de rendre la justice. Il y en a sous la République 235, dont 192 jours sont réservés pour les comices et les élections. On parle alors de jours comitiaux.

A l'inverse, il y a 109 jours néfastes où tout procès est interdit. A cette occasion se tiennent les fêtes publiques et les jeux. Pompéi après s'être soumise à Sylla, a intégré la religion romaine, comme l'a prouvé la présence de statuettes de la triade Capitoline (Jupiter, Junon, Minerve) dans le temple de Zeus Meilichios (en règ VIII, non loin forum triangulaire). La présence de lieux dédiés aux divertissements (Odéon, Amphithéatre) mais aussi les nombreux temples dédiés aux cultes publics (temple de la fortune Auguste, temple des Lares, temple d'Apollon en Reg VII par ex), montrent la vivacité d'une vie publique et religieuse à Pompéi qui répond à un calendrier. Ainsi, aux alentours du 5 juillet, se tenaient à les ludi Apollinares, dédiés à Apollon, durant lesquels les duumvirs de la cité faisaient preuve de leur générosité en financant les jeux : vie politique et vie religieuse sont bels et bien mêlés et obéissent à un calendrier précis.



vendredi 23 mai 2008

Le Parkour, le plus contraignant des sports "funs" ?

J'ai dans l'idée de faire un article sur le parkour depuis un moment, sans compter que pour le magazine Urban culture (retenez ce nom, il se pourrait qu'il marque) , je dois écrire un article expliquant ce qu'est en détail cette discipline. A première vue, c'est "fun", loin de toute contrainte. Pourtant, le traceur doit avoir un comportement intelligent dans sa pratique : pour pouvoir durer et ne pas se blesser, pour ne pas dégrader l'image d'une discipline toujours en marge.

Internet, dans ses bon côtés m'a permis de trouver mieux que des articles comme source : une vidéo. Réalisée par un traceur, Duncan, et intitulée "The Pilgrimage Project", je suis tombé un peu par hasard dessus en fouillant les entrailles de parkour.net, le portail mondial des traceurs.
Comme son nom l'indique, "Projet : Pèlerinage", il s'agit d'un voyage initiatique. Un groupe de traceurs s'est rendu à Lisses, dans la banlieue parisienne, là où est né le parkour il y a quelques années. Il s'agit bien d'un pèlerinage puisque ce faubourg urbain est connu des traceurs du monde entier.
Tout comme un croyant qui recherche un lieu de vérité pour sa foi, le traceur retourne sur les lieux où est né un peu par hasard son activité. A cette occasion, Duncan, au lieu de faire une simple vidéo de parkour, en mettant en musique des images de mouvements techniques, s'est posé des questions. Qu'est ce que le parkour? D'où vient-il, quelle philosophie y a-t-il derrière
cette activité ?

A partir de questions que s'est posé et se pose toujours la communauté des traceurs, ce film apprendra donc aux néophytes quelques bases de la discipline. Illustrant par les images des mouvements, des exercices tout en expliquant la nécessité de les pratiquer régulièrement. Au delà de ça, le traceur plus expérimenté en vient à se poser des questions sur sa pratique, son impact sur sa vie, mais aussi l'impact de sa pratique sur le voisinage autour des lieux d'entraînement.

L'image étant bien plus pratique pour transmettre un message, finalement, l'article que je comptais faire sur le parkour et les idées que je voulais exprimer se retrouvent dans cette vidéo, en anglais, mais sous-titrée en français (un français approximatif, mais je soupçonne un usage un peu trop enthousiaste des traducteurs en ligne).

Avant sa diffusion, ce film amateur et non-lucratif a reçu le soutien de David Belle, fondateur (ou co-fondateur selon le point de vue) de la discipline


Les liens pour télécharger la vidéo sur parkour.net
Lien vers des articles anglais sur le parkour
Quelques autres articles en français cette fois
Un article que je conseille fortement, qui explique pourquoi l'on ne joue pas au Yamakasi, mais pourquoi il faut pratiquer sérieusement

A noter, dans l'actualité du parkour, l'ouverture à Evry d'une Académie de l'Art du déplacement, à l'initiative du collectif Majestic Force, composé de certains membres des Yamakasis. Il s'agit de continuer à développer la discipline en offrant un encadrement de qualité à ceux qui le veulent, traceurs ou non. A suivre... Ici, un article du parisien, et là un reportage de France 3 : à l'occasion de l'ouverture, une rencontre nationale et internationale à eu lieu le 17 et 18 mai.

samedi 5 avril 2008

C'est le printemps !

Depuis le 20 mars, paraît-il, le printemps est là. Depuis la semaine dernière, nous sommes passés à l'heure d'été. Autant d'éléments contradictoires qui n'aident pas à savoir à quelle saison nous sommes.
Une solution, le calendrier sportif, en fonction des activités pratiquées, il est possible de savoir la saison du moment.

Sur les sommets, de la neige, encore, mais qui fond rapidement. Tant et si bien que le skieur qui souhaite profiter ne fait qu'une courte heure de glisse entre 9 et 10 heures. Pendant ce temps, dans le fond de vallée, le soleil tape fort mais adoucit par un léger vent frais, il ne permet pas de rester longtemps les bras nus, surtout pas à l'ombre. Sur les falaises apparaissent les premiers grimpeurs. Ils lachent les pistes cabossées pour des rochers parfois bien trop lisse. Ils glissent mais sans grâce, ils s'élancent et volent, mais restent liés au rocher par une corde salvatrice.
Un petit tour sur Grenoble,
entre deux averses, le sol commence à sécher, et ce fond de vallée, au sol détrempé dans l'hiver, cette plaine alluviale se recouvre d'un vert éclatant. Les arbres retrouvent leur couvert de feuilles. Dans les arbres d'ailleurs, et entre les immeubles, par moment tracent des humains étranges, qui évitent tout contact avec le sol. Les traceurs sont là.

C'est bien le printemps, après le froid et avant les chaleurs estivales, profitons pour pratiquer en habits légers des sports d'extérieur.

samedi 16 février 2008

Le réchauffement global et ses petits tracas


Comment ne pas être au courant ? La planète se réchauffe. L'effet de Serre -sans qui nous ne pourrions vivre- permet de conserver sur notre bonne vieille Terre un peu de chaleur de l'astre solaire.

Hélas, dans sa duplicité, mère nature n'a pas jugé bon de nous prévenir de sa fragilité. L'humanité, tel une enfant insouciante, s'est engouffrée, avec l'essor de l'industrialisation, dans le fourneau des abus énergétiques. Charbon, gaz, pétrole et dérivés. Plastique si pratique, oui mais plastique pas du tout écologique. Quand l'homme se rend compte qu'il brûle, non pas ses ressources mais son unique foyer, sa planète, il est déjà trop tard : il fait de plus en plus chaud. Le phénomène est dur à freiner désormais. Enfant innocent ou adulte coupable de ne pas vouloir voir, tu es déjà victime, humain, de ta propre sottise. A cause de tes machines, tu as mis en marche un inquiétant système dont les rouages te sont peut-être trop compliqués à comprendre.

Les climats se dérèglent. Il fait chaud, plut tôt. Le printemps arrive en hiver et avec lui ses légions terrifiantes de pollens et de graminés. Ouvre tes yeux irrités et constate penaud que ta planète s'affole.

En cliquant, vous aurez accès à un peu de lecture, si vous doutez encore....

vendredi 8 février 2008

Un petit pas pour l'homme, un grand bond dans le passé

Il y a des jours comme ça où tout va mal : rhume monstrueux, pied dans l'atelle, froid, manque de sommeil et ... froid.

Le réveil a été dur ce matin. Le rythme de la fac ne m'a pas habitué à me lever aussi tôt, et c'est particulièrement vrai ce semestre. Les yeux pas tout à fait droits dans leurs orbites, j'arrive néanmoins à prendre une douche, m'habiller, et marcher jusqu'au tram, le tout avant 7h30 ! Alors que je me rends dans le centre, j'observe la ville qui se réveille dans une faible lueur. Les rayons du soleil ne passent pas encore la barrière naturelle que créent les cimes montagneuses, et une couche de rosée, figée par le gel, maintient encore le paysage dans un semblant de sommeil. Malgré l'obscurité, la cité est en fait réveillée depuis un moment déjà, mais moi, j'hiberne. Il me faut attendre le choc du temps et la puissance d'un retour en arrière, pour prendre pleinement conscience du lieu dans lequel je me trouve, au pied de la bastille.

Avec les traceurs, je suis déjà passé à de nombreuses reprises devant cette église du Saint Laurent. De taille modeste, elle reste discrète, camouflée par un enduit gris qui lui donne un visage austère. Il y a là un musée fermé au public pour cause d'aménagements de sécurité. Chanceux étudiants, nous y avons un cours d'archéologie médiévale avec Renée Colardelle. Elle a fait sa thèse sur le site et le connait donc particulièrement bien.
Derrière elle, nous pénétrons dans cette église, dans un monde humide et froid de vieilles pierres. Nous retournons surtout plus de quinze siècles en arrière.
A la fin du IVème, ou au début du Vème s. un baptistère est construit au nord, sur la rive droite de l'Isère. Le long des routes s'étendent des nécropoles, et pour une raison inconnue, le site du Saint Laurent se développe. Quelles reliques y a-t-il ? Nous ne savons pas, cependant l'archéologie a permis de constater que le lieu était particulièrement fréquenté, à tel point qu'un véritable circuit, avec un sens de circulation semble avoir été mis en place très tôt à une période durant laquelle le christianisme se développe. Au VIème s. quatre branches sont construites, formant une église à la forme très particulière, véritable complexe funéraire, qui permettait aux Grenoblois de se recueillir sur les tombes des premiers chrétiens, béatifiés par le culte populaire.
L'église va évoluer, et continuer à être utilisée jusqu'au XX ème s.. Le musée qui voit désormais le jour sur ce site a pour but sa mise en valeur. Un ensemble de passerelles métalliques permet (et permettra si l'organisation actuelle est conservée) de circuler dans l'église selon un circuit qui, dans un sens, fait écho aux pélérinages des fidèles des premiers siècles de notre ère.
La toute première est en surplomb, à quelques mètres au dessus des plus profonds niveau et permet de bien se rendre compte de l'enchevêtrement des constructions successives et des tombes de pierre. Une impression étrange m'a envahie en voyant l'irrégularité des murs. D'un regard, j'ai compris qu'il y avait là des traces de bâtis d'époques différentes, mais l'ensemble paraissait inextricable. Pourtant les archéologues ont tout clarifié : les différentes constructions, les techniques utilisées, la position des tombes, et la manière de célébrer les morts dans la nécropole. Les vieilles pierres ont une âme et une histoire. Avec acharnement et rigueur, les scientifiques peuvent la faire ressortir.

Dans ce genre de sciences, il y a beaucoup d'hypothèses mais la minutie du travail permet quand même quelques certitudes. Si toute la lumière ne peut pas être faite sur l'histoire de ce lieu hérité du passé, nous avons malgré tout le « devoir de transmettre en l'état » ces vestiges. Réflexion importante. Je me suis retrouvé dans ces propos de Renée Colardelle. Il ne faut pas chercher à reconstruire systématiquement, et il y a probablement plus à faire passer en dégageant les ruines proprement qu'en effectuant un travail de restauration, aveugle, et systématique.

Les pierres doivent parler, mais il ne faut pas chercher à trop leur en faire dire.

vendredi 1 février 2008

A bas les spéculateurs !



La bourse est-elle folle ?

Après l'affaire de la Société Générale, et ses pertes records suite aux manipulations hasardeuses de l'un de ses traders, la question se pose. Elle revient dans la plupart des médias ces derniers jours.

En fait, c'est l'éternelle question de la spéculation qui revient sur le tapis. Ce débat n'est pas récent, et si vous vous intéressez un peu à l'histoire moderne (Quoi ? C'est une occupation comme une autre), vous savez, sinon je vous l'apprends, qu'au XVIème et au XVIIème s. déjà, les marchands étaient les premiers accusés en cas de disette. Tous ces « spéculateurs » étaient coupable de la hausse des prix du grain, et le peuple sans autre forme de procès dénonçait les agissements de ces traders de la Renaissance.
D'une manière plus générale, c'est l'ensemble de la finance, le monde nébuleux des flux de capitaux qui est craint, et d'autant plus actuellement. Les volumes échangés sont si importants et les théories devenues tellement complexes! Il y a probablement derrière cette peur séculaire une incompréhension. Monde effrayant des maths et de chiffres, de courbes et de tableaux, d'indices obscurs, complètement déconnecté du réel, pour nous pauvres mortels sans cervelle (ça rime, et c'est pas faux), est-il encore possible de comprendre ce qu'il s'y passe, même en étant particulièrement doué dans ce domaine ?
A observer le cas Jérôme Kerviel, il faut croire que non...

Personnellement, je ne cherche même pas (plus) à comprendre. C'est un milieu, si obscur, si plein d'argent et de requins que je ne souhaite pas savoir ce qu'il s'y passe.
Hélas, il n'y a pas forcément le choix, vu que ce système contrôle notre monde. Non, la seule économie intéressante, et celle dont les financiers sont morts et enterrés depuis plus d'un siècle. Vous remarquerez que je ne suis absolument pas objectif, mais un moyen comme un autre de se protéger de la violence du monde est peut-être de regarder dans le passé. C'est en tout cas mon choix. Le passé, pour éclairer le présent, mais aussi le passé en tant qu'écran de fumée.

vendredi 11 janvier 2008

Happy new year Mr ... President !

Monsieur le président,


Je vous écris après ces fêtes de Noël pour vous souhaiter mes meilleurs voeux de citoyen français. Meilleurs voeux de bonheur d'ailleurs ! J'ai pu apprendre par la presse et la télévision que vous aviez refondé une petite famille et j'en suis heureux. Elle est vraiment charmante Carla, et qu'elle voix en plus pour vous ! Par votre droiture, vous avez réussi à séduire cette femme de gauche.


J'ai été choqué cependant par l'indiscrétion dont font preuve les média à votre égard. C'est honteux d'être comme ça, toujours sur le dos des gens. Comme si vous leur aviez donné l'habitude de vous mettre en spectacle, comme si cela avait pu vous servir en d'autres occasions ! Non, vraiment, je comprends votre mécontentement. Vous n'êtes qu'un homme, et vous avez droit à une vie d'homme, comme les autres.


C'est vrai après tout, vous n'êtes qu'un salarié. Président de la République : qu'est-ce, sinon un poste de super PDG en CDD ? Oh mais ce poste, vous l'avez rêvé, vous l'avez cherché, et vous vous êtes battus pour l'obtenir. Il est naturel après tout que vous en disposiez comme vous le voulez, c'est votre présidence tout de même. C'est hyper important, une « hyperprésidence » (Amusant, ça sonne « grande surface » comme expression, il ne manque plus que des employés sous vos ordres et une équipe de management pour les contrôler et les noter !).
Heureusement, vous êtes à ce poste car vous êtes un homme de moralité.


Vous nous avez rappelé à de nombreuses reprises combien les valeurs fondamentales de la république étaient essentielles à vos yeux. Vous savez, ces trois mots, Liberté, Egalité, Fraternité, qu'accompagne ce petit texte, ce petit texte législatif tellement insignifiant et qui s'appelle Constitution. Vous aviez l'air si sincère, et j'en fus ému alors, quand je vous vis au journal de 20h lors de la retransmission de vos allocutions de candidat. Je suis heureux de voir, que ces valeurs sont toujours aussi importantes pour vous.


Ainsi, vous n'avez pas hésité à plusieurs reprises à montrer à quel point, la situation à l'étranger nécéssitait votre intervention. J'eus l'écho de votre appel de félicitations à monsieur Poutine,au lendemain des législatives. Quel homme pacifique que ce leader d'une Russie démocratique et ouverte au monde ! De même, assez récemment, vous n'avez pas non plus hésité à accueillir un dirigeant lybien venant faire du tourisme éducatif dans notre pays. Il a pu voir a quel point vous étiez déterminé à protéger les valeurs universelles qui font de notre pays un défenseur des Droits de l'Homme et du Citoyen.


Vous aviez aussi, précédemment, montré que vous respectiez fortement les « pays du Sud », donnant votre point de vue d'une manière impérative, avant même le procés et les décisions du gouvernement et de la justice d'un pays souverain : le Tchad ! Quel tact ! Quelle force de caractère ! Il est vrai qu'il vaut tout de même mieux garder les citoyens au sein du territoire national, c'est pourquoi nous renvoyons chez eux de nombreux clandestins, en France depuis des années à l'insu de notre plein gré, en nous félicitant de faire du chiffre afin d'atteindre le « score » prévu en début d'année.


En espérant que l'année 2008 -et les 4 suivantes au passage- soit aussi bonne pour nous que pour vous. J'espère que dans les résolutions du nouvel an, vous espérez toujours tenir vos promesses électorales, mais ne soyez pas trop zélé quand même. Trop d'enthousiasme pourrait vous faire perdre toute clairvoyance.


Veuillez, Monsieur le Président, recevoir l'expression de ma plus grande inquiétude à propos de l'image que vous donnez de la dignité présidentielle.



Cette "lettre" a été réalisée dans un but satirique, toute ressemblance avec un petit personnage réel est purement fortuite et non voulue...

samedi 1 décembre 2007

Marche funèbre et vocabulaire


En ces temps troublés, il est difficile pour nous autres, individus quelconques, de comprendre les mouvements de grève. De ce constat m'est venu l'idée de ce petit lexique de la grève. Voici quelques définitions pour y voir plus clair.
Je souhaite vous assurer de ma TO-TA-LE neutralité et du sérieux des définitions proposées...

Antibloqueur : individu bien souvent non gréviste, à la solde du gouvernement mais qui ne le sait pas.
Assemblée Générale : grande réunion, bruyante et désordonnée, d'individus qui veulent faire croire le contraire.

Blocage : kermesse conviviale sur le lieu de travail. Suit communément les AG.
Bloqueur : gréviste au stade terminal. Ne trouve pas d'autre moyen d'expression que la fermeture des locaux dans lesquels, de toute façon il n'aurait pas travaillé.
Bouchon : moyen convivial de rencontre en voiture, caractérisé par ses codes de communication,le klaxon et les insultes.

Confédération Générale du Travail : grande association sportive qui fait parler d'elle et vise à développer la marche et la randonnée urbaine.

Désobéissance civique : nom politiquement correct donné à une grève antidémocratique
Démocratie : régime politique,où la souveraineté est exercée par le peuple, sauf quand les grévistes -minoritaires- récupèrent le concept. Ex: « Seules les AG sont démocratiques »
Droite : ensemble de gens et d'idées facteurs de grèves. Majorité qui galère.

Ecologie : concept fortement lié au développement durable, oublié par tous lorsque des dizaines de milliers de voitures n'avancent pas sur les routes, moteur allumé (voir bouchon).
Etudiant : individu qui lit des livres et s'arroge le droit de réfléchir pour les autres, ou croit le faire (Voir université). "Point d'avenir..."

Galère : moyen de locomotion collectif, à la mode depuis peu.
Gauche : minorité silencieuse. Vaste mouvement d'opposition ... les uns aux autres.
Gouvernement : ensemble de gens aux sourires forcés face aux caméras. "Points d'idées sur le sujet"
Grève : mot court bien pratique quand on n'est pas d'accord, qu'on ne sait pas pourquoi on l'est et qu'on peut encore moins l'expliquer.

Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), Lutte Ouvrière (LO) : partis de gauche pas maladroits quand il s'agit de chanter et porter des bannières. Très favorables à l'Internationale mais opposés à la mondialisation (moi non plus je ne comprends pas...). "Poings levés"

Main levée : popularisée par un grand petit homme politique allemand dans les années 30, c'est un moyen d'expression généralisé en assemblée générale.
Média : grévistes qui s'ignorent. Font un blocage dans leurs titres, sur la grève. "Font le point".
Ministre du travail : souffre-douleur officiel du président.

Otage : désigne les non-grévistes du point de vue non-gréviste. Synonyme : « mouton » du point de vue gréviste.

Parti Communiste (PC) : ensemble de fossiles, généralement favorable aux grèves. "Dorment à poings fermés"
Parti Socialiste (PS) : grand parti d'opposition ... à la grève générale. "Points de suspension..."
Patience : vertu que l'on se découvre généralement quand on la perd. Tend à disparaître en période de grève.
Piéton : citoyen qui fait un petit geste pour l'environnement, à l'insu de son plein gré.
Police : organe de la répression gouvernementale, punching ball. Bien utile quand des antibloqueurs deviennent violents mais totalement injuste quand les grévistes le sont... "Poings dans ta gueule"
Président (de la République) : sourd-muet qui répond après coup à la vox populi. "Un point c'est tout"

Ras-le-bol : ce qu'indique le baromètre de l'humeur des français en période de grève. Occurrence la plus répétée par le français moyen.
Répression : moyen d'expression privilégié des forces de police, selon les syndicats, travail bien fait, selon les forces de police.
Revendications : ensemble confus de paroles qui ressortent d'une AG ou d'une manif. Ex : "A bas le gouvernement" "Du pain et des jeu" "Votez Loana". A noter, bien souvent, elles gênent tous le monde mais personne ne les entend.

Syndicaliste : futur retraité, qui pour s'occuper en l'attendant, adhère à une association de grognons.

Transports en commun : service public qui ne bouge pas.

Université : lieu singulier où Rousseau et Marx sont lus par les descendants enfumés de Bob Marley et du Che. Grand squat étudiant (voir étudiant)

Vélib' : alternative suante. Moyen de transport privilégié par l'ensemble des français... à Paris. Tant pis pour les autres, ils avaient qu'à voter socialiste (voir PS) aux municipales.