Pages blanches, taches d'encre et réflexions d'un idéaliste

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lundi 1 septembre 2008

Grise ville


A la volée quelques mots sur ce fléau millénaire qui dans notre société ne devrait plus être d'actualité.

J'exècre ce monde, cette société urbaine,
Ces villes immondes.
Partout des les rues,
La pauvreté s'offre à la vue.
Ils vivent là.
Mendiants sur le trottoir,
Dans l'ombre d'un dépotoir.
Ils vivent las.
Ils ne vivent pas, Ils survivent.
Fantômes,
Ce sont des ombres et non des hommes.
Usés de les écouter, nous ne les voyons plus.
Nous ne les entendons pas non plus préférant ne pas les voir.
Mais eux nous voient
Etalant devant eux la richesse
Nous favorisons l'envie
Envient-ils nos vies ?
Et ainsi en donnant nous favorisons la paresse :
Pour qui sait en jouer, la mendicité
Pourrait bien être une félicité ?
Ou alors notre société est-elle si pourrie
Qu'on n'en voit pas les effets même à posteriori.

Comment découvrir dans le dénuement, quelques fragments de sincérité ?

samedi 9 août 2008

L'étourdi

C'est un peu moi, mais selon les jours, c'est un peu tout le monde aussi.

Certains matins, au réveil,
Les yeux ternes, regard en veille,
Amaigri, il croise son reflet
Dans un petit miroir replet

Distrait, sans montre, il oublie l'heure,
Incontestablement gaffeur,
Il oublierait, sans mémento,
Sous la pluie, parapluie et manteau.

Il vit sur son propre monde,
L'imagination féconde,
Sans jamais voir l'étonnement
Que crée un tel comportement.

Si son monde est sensationnel
Le notre, un peu trop rationnel,
Ne convient pas à notre ami,
Tête en l'air, éternel étourdi !

vendredi 8 août 2008

Le mime de pierre


Notre Dame est belle. Au diable la césure et vive l'écriture à l'arrache.

Démon enfanté par nos cauchemars
De cette scène d'où tu sommeilles,
De jour comme de nuit, tu surveilles
Ce peuple qui court, toujours en retard.

Lui inspirant la terreur et l'effroi
Délestant Notre-Dame de ses pluies,
Tu vomis sous un ciel de coton gris
Les crocs mordants une invisible proie.

Aujourd'hui, tu acceptes les piques
Des yeux curieux, des regards scrutateurs
Actrice, tu cherches à faire peur
Mais ce public rit, et te critique.

mercredi 6 août 2008

Petit traité d'hygiène du pied

C'est un peu mon quotidien en ce moment (je vends des chaussures)...

Nos pieds sont d'exigeants compagnons,
Larges, puissants, petits et mignons
Ils n'en restent pas moins sensibles
Et sujets aux douleurs, pénibles.

Pour courir, avec dynamisme,
Dans tous les sports dont l'athlétisme,
Amorti, sans trop de fermeté
Et chaussure, tout en légèreté.

Pour marcher, quelquesoit le terrain,
Hors sentiers et garder son entrain,
En confort, semelle rigide
Et au bout, préférer du vide !

Pour une allure moins sportive,
Terrain plat et humeur lassive,
Pour vos pieds, préférez le plein air,
Sandales ou tongs vous libèrent !

Finalement, ce n'est pas bien dur
De garder des pieds de belle allure.
Pour éviter de trop les couvrir,
Il suffit de ne pas s'en servir !


J'vois la vie (mo)rose !


Sous un ciel de coton gris,
La capitale se lève
Et le soleil s'élève
L'éclairant plein de mépris.

Sous ce ciel de coton gris,
On en oublierait presque,
Qu'il n'est plus jolie fresque
Que ses rayons sur Paris.

Sous ce ciel de coton gris,
La météo humide,
Et ses nuages liquides,
Est-ce une plaisanterie ?

Mais ce ciel de coton gris
-Plein d'hideux volatiles-
Au-dessus de la ville,
Jamais longtemps ne croupit !

vendredi 25 juillet 2008

En lettres Capitales

La vie à Paris se résume en fait à un suite de petits bonheurs. Tel une Amélie Poulain, je m'y suis trouvé cherchant un peu de bonheur, voulant profiter de moments simples. Un coucher de soleil sur le pont des arts, marcher sous les imposantes silhouettes de bâtiments dédiés à des souverains depuis longtemps disparus, concerts, jazz, enthousiaste comme jamais, la Capitale se sillonne à pied, en RER ou en métro. Le vélib ? A oublier pour profiter du paysage, je préfère de loin mes pattes et quelques courbatures au pire.

Mais Paris, c'est surtout une ville cosmopolite, un lieu de rencontre, le centre névralgique du Pays, un centre du monde, un lieu pour être heureux, tout simplement : main dans la main, sous une tour Eiffel habillée de bleu et scintillant sous un ciel de minuit...

A Paris, ville socialiste, la vie se voit en rose, mais pas pour des raisons politiques !

samedi 18 août 2007

Funky state of mind !

Certains jours, rien ne peut entacher ma bonne humeur. Aujourd'hui c'est le cas.
Couché tard et levé bien trop tôt, ma matinée, largement entamée, a commencé dans les restes brumeux de mon sommeil. Dans le RER, je bouquine en écoutant des musiques d'Ennio Morricone. Limite, je m'endors; limite je ne descend pas à ma station.

Sur le boulevard saint Michel, je me dirige vers Gilbert Joseph. J'ai dans l'idée de m'acheter un CD. J'ai une vague idée de ce que je veux, en revanche, je ne sais pas si je vais le trouver. Boutique musique, je cherche et au bout de quelques minutes, je trouve. Dans mon sac, j'ai désormais les 4 CDs de Mega Funk, une compilation pour le moins groovy (ou jazzycool comme dirait l'homme-renard). Je me rends au boulot, il est 11h, et je finis mon petit dèj en posant le pied dans le 48.
C'est tranquille, il y a peu de monde. A 5 dans la boutique, c'est largement suffisant.

Pendant ma pause repas, je mange rapidement et je me rends d'abord chez Album, ou j'achète, comme d'hab, sur un coup de tête et sans trop savoir le style, les 4 bédés Tessa Agent Intergalactique. Finalement, j'en ai lu une partie du premier album dans le trajet et c'est génial. Les auteurs font de nombreuses références à des grands classiques de la science fiction ou, dans les noms de persos, se trouvent des allusions. C'est absurde et idiot au possible, je suis donc fan !
La fin de la pause approche, mais il me reste quelques minutes, je vais donc au vieux : sac à dos, la boutique du 70 boulevard saint Germain. Je cherche quelquechose de pratique, plutôt petit. Il doit pouvoir remplacer mon vieux Mc Kinley orange, et surtout, le remplacer pour les cours. J'en ai marre de voir mes feuilles pliées, il me faut un truc assez carré et résistant, et de préférence pas trop cher. Finalement, mon côté ado frustré l'emporte. J'aurais jamais eu de sac Eastpack au collège ni au lycée, je me rattrape avec le Floyd 17L. Poche PC, assez plat, sangles de compressions, noir. Je suis ravi, je suis conquis.

Hélas, déjà c'est la fin de mon heure déjeuner et je dois retourner bosser. L'après midi passe, tranquillement au début, il y a toujours aussi peu de monde. Vers 16h, les gens arrivent plus nombreux. Nous sommes quand même samedi. Finalement vers 19h un futur étudiant de Staps vient essayer des chaussons , on discute tranquillement, ça conclue ma journée de façon sympa. J'ai heureusement le temps de partir un peu en avance du boulot et de régler mes achats. 19h30, je vais prendre le métro avec mon vieux sac, et le neuf, payé 10€ de moins que le prix neuf grâce à ma réduc saisonnier : mouhaha ! J'adore, c'est trop bon de dépenser son argent, gagné et mérité, sans remords.

Mais je n'ai toujours rien à manger à l'appart, je me décide donc à prendre une pizza au passage, et je m'aperçois que pour le prix j'en ai une deuxième gratuite. TV, BD, PC, Pizzas, Soda : une journée zen comme ça qui me feraient presque oublier que je suis célib !

Oui, je sais, j'imite vachement bien le mannequin ...

mercredi 15 août 2007

Paris au mois d'août, le calme

Une petite note, récapitulative de ces derniers jours. Le temps est toujours maussade, et c'est sous une pluie battante que je suis rentré en courant tout à l'heure. J'ai fini trempé, mais la partie de jeu de rôle sur Esoterrorist via skype ne tardant pas, j'ai à peine eu le temps de jeter les vêtements humides, d'en mettre des secs et de m'installer devant le pc.

Cette partie, la seconde après celle de lundi dernier, vu l'absence de disponibilités des joueurs dans les semaines à venir, est aussi la dernière. Nous n'avons pas résolu l'enquête, et la réponse nous sera donnée par le MJ. Je ferai tout de même comme je l'ai annoncé le récit romancé des quelques aventures de ces deux soirées de jeu. Le support, Skype, s'il s'avère tout a fait viable pour des parties assez active n'est vraiment pas efficace pour un scénario compliqué d'enquête. Dommage.

Avant hier -à l'heure où j'écris- j'ai eu l'occasion de rencontrer les voisins de belle maman. Historien et bédéphiles, le thème des discussions n'est pas dure à trouver. Je me retrouve ainsi avec quelques bédés prêtées et à lire, dont La Quête de l'oiseau du temps. En échange, j'ai prêté mes Murena, Trône d'Argile et le premier tome de Cape et de Croc.

Au boulot, c'est plutôt calme, même si nous avons commencé l'inventaire, et c'est extrêmement laborieux. Pièces minuscules, nuances de tailles, références par milliers. C'est dans ce cas que l'on se rend vraiment compte du côté bric-à-brac du Vieux Campeur.

J - 5 avant enlèvement du plâtre, l'exaspération laisse place à l'excitation et l'impatience : vivement une vraie douche, sans avoir le bras posé sur le haut de la cabine !

mardi 7 août 2007

Plaisir simple

Elément fixe du paysage urbain
Au rythme lent du métro, boulot, dodo,
Perdu là, dans les transports en commun
J'attends ma gare et l'arrivée à Sceaux.

Après La chaleur moite de la rame,
Le ciel gris me gratifie d'une pluie,
Je souris, celle-là j'en ai eu envie.
Elle nettoie ma tristesse d'âme.


Il en faut peu pour reprendre un peu d'espoir.
Des scénars, pour voyager, aller autre part.
Un livre de poésie, trouvé à moindre prix.
Une pause, à lire les vers dans un parc tout en vert.
La paie, plutôt bien tombée.
Finalement quelques BDs, pour bien la dépenser !

Achats du jour :
- Les plus beaux poèmes de la langue française.
- Le Scorpion 4 & 5.
- Murena 5 & 6.
- Universal war one 1 & 2.

Au passage, le my space de Constance Verlunca, chansons mélancoliques mais qui me redonnent le moral.

lundi 6 août 2007

Etat d'esprit un 06/08

Les phases d'euphorie ne peuvent pas durer, ce serait trop beau. Ainsi donc aujourd'hui je suis en mode "grosse larve". Levé à midi, habillé à 16h. Vaguement rassasié à coup de crêpes, cookies et jus de fruit multivitaminé, j'ai franchement envie de ne rien faire. En plus il me faut faire la vaisselle, à une main, c'est très peu pratique, ajouté à un horaire tardif et une flemme prononcée, là effectivement ça donne pas envie de cuisiner.

Bon ok, c'est vrai que se coucher tard n'est pas non plus le meilleur moyen de bien entamer une journée, qu'est ce que j'y peux si je ne trouve pas le sommeil ? Déjà qu'en temps normal je suis pas particulièrement couche tôt, mais alors là, après plus d'un mois sans avoir bougé, c'est pire.
Faut voir la côté positif de la chose : d'ici 15 jours, je perds ce plâtre auquel je me suis attaché (Ca va être gluant et goutu quand on va me l'ouvrir...). D'ici 15 jours je peux donc bouger à nouveau, si les poignets ne seront pas particulièrement en état, au moins pourrai-je me lacher niveau endurance !
Pour être bien prêt, je me suis remis aux étirements, douloureux après un mois sans rien faire. Mais tellement bon de se sentir "tout flasque" le lendemain, les muscles relâchés.

D'ici 15 jours aussi, je vais donc pouvoir bosser efficacement sur mes scénars, parce que là à griffonner sur un carnet de la main droite, c'est lent et illisible. J'ai quand même fait quelques progrès de la main droite. Ce que je crains, c'est que les médecins me disent que la fracture n'est pas suffisamment conslidée et que je dois conserver le plâtre un mois de plus. Niveau sport, je ferais avec et me calmerais, mais niveau cours (rentrée le 5 sept) là ça va être particulièrement gênant.

Toujours à Paris pour encore, laissez-moi voir, un bon mois, j'ai l'appart à moi seul pour quelques semaines. La phase de transformation en petit parisien est presque complète. Mais Paris n'a pas que des avantages : je m'y sens complètement perdu, je connais pas grand monde, et j'ai les grands parents pas loin. J'entends des murmures désapprobateurs : "Il ose considérer ses grands parents comme un inconvénient ?". Vous les connaissez pas. Passablement agés, mon grand-père a dernièrement été hospitalisé, il faut donc gérer la grand-mère, fantasque, mythomane, et qui a une nette tendance à perdre la tête. Dans notre cas précis elle s'affole pour un rien, et a une peur affreuse de l'inconnu.

Histoire de se faire un peu plaisir, organisée par l'ami Seb-Gladiateur-Chronik-Xcalibur, une partie de jeu de rôle via Skype a lieu ce soir. Je pense en faire le récit romancé ici-même.

mercredi 1 août 2007

Un peu de calme.

Il y a moins de mises à jour du blog ces temps-ci pour la simple raison que je ne trouve ni l'envie, ni le temps et encore moins l'inspiration pour en faire. A la recherche du temps qui file et défile devant mes yeux, je cours, partout, je fais des efforts pour grapiller à mon horloge quelques secondes de plus chaque jour, mais rien n'y fait. Il ne me suffit d'un jour pour faire tout ce que je voudrais faire, et il faudrait aussi que je sois intellectuellement un peu plus réveillé pour le faire bien.



Chaque soir je me couche tard, entre deux et trois heures du matin, absorbé par mes lectures et mes recherches, je ne vois pas le temps passer. Je préfère d'ailleurs ne pas le voir. S'il y a bien une chose qui me mine c'est de ne pas voir d'évolution dans ce que je fais, or j'avance sur différents projets à une allure de fourmi. Après le travail, j'ai simplement envie de me reposer pas d'écrire, ou alors si, mais de la main gauche et platré c'est pas pratique.

Mais quels sont ces projets ? C 'est le sujet de cet article. Tout d'abord, je fais de nombreuses recherches, sur l'époque moderne, sur le Moyen Age. Sur l'époque moderne, c'est en prévision d'un costume pour les jeux de rôle et l'escrime artistique (c'est toujours utile d'avoir une base), sur l'époque médiévale, c'est pour me documenter afin d'écrire sérieusement un court scénario BD d'une dizaine de pages, ce qui prend déjà du temps...


Niveau écritures, j'ai 3 projets en cours. Le premier, une mini bd, sans vraiment d'intéret sinon celui de nous faire bosser avec Leely. Le deuxième, un scénario médiéval fantastique dont j'ai parlé ci-dessus, et finalement un dernier, une collaboration pour le RAV d'octobre avec Leely. Tout va bien donc, même si je suis crevé, car je n'arrive pas à tout caser sur 24h, j'empiète allègrement sur mes nuits donc je suis fatigué au boulot, donc quand je rentre j'ai envie de ... rien faire.

Bon ok, autre raison non officielle, j'analyse les différentes BD que j'ai sous la main (De Cape et de Crocs 1 à 7, Les Druides 1 à 3, Le Trone d'Argile 1 & 2, Murena 1 & 2) et je lis, notamment le dernier Harry Potter en anglais, ce qui me laisse peu de temps pour écrire.



En photos, les BDs et livres récemment achetés et pour la dernière mes "outils de travail" : Dictionnaire des mots et des idées, Librio simple sur les figures de style, et surtout un livre de conseils sur le scénario BD, qui m'a appris et rappelé plein de choses !

mardi 17 juillet 2007

Folle fin de semaine : Samedi 14 juillet

Samedi 14 juillet, quelquepart dans un magasin parisien, un provincial luttait farouchement contre des clients bornés.
Dans le sous-sol, armé de ses seuls chaussons, il devait affronter des hordes de débutants en escalade, voulant du matériel très technique tout en refusant l'inconfort, voire la douleur provoqué par ceux-ci, et donc, les choisissant mal.
Heureusement, dans sa lutte il n'était pas seul. Allié providentiel, un collègue avait ramené à l'occasion de son départ en vacances un cocktail au rhum. Fortement alcoolisé, le subtil breuvage n'en restait pas moins sucré et il faut le dire se buvait particulièrement bien. Au rythme d'un petit verre toutes les 3 heures, le S'krib revigoré à coup de recette miracle tint bon toute la journée, oubliant même de partir à l'heure.

Vous l'aurez compris, après cette journée passionnante, une soirée plus palpitante m'attendait. J'avais rendez-vous avec Aurélie et sa famille sur le champ de Mars pour assister au concert et au feu d'artifice de la fête nationale.
Je me rends sur place à peu près sans problème, le RER s'arrêtant 2km plus loin que prévu. J'avale la distance et finalement j'arrive à temps pour assister au show (chaud) de Nelly Furtado. Cependant, déjà la population présente me saisit. Si je suis moyennement fan en tant normal, c'est beaucoup plus sympa à voir et à entendre en live.
Après ça, j'essaie de joindre Aurélie, que je ne trouve pas. Le réseau est saturé. Des centaines de milliers de personne au même endroit, je suis bête de ne pas y avoir pensé. Difficile de se joindre, encore plus de se rejoindre. Nous passons vraisemblablement la soirée à 20/25m l'un de l'autre, j'aurais beau scruter la foule, je n'apercevrais pas la famille Sétoise. Je hais sortir en public seul. Allez comprendre, je suis un solitaire, j'aime m'isoler, en revanche être seule au milieu d'une foule enthousiaste me rappelle une trop grande solitude, m'inquiète, me déprime. C'est ainsi que commence le concert de Michel Polnareff. Je suis morose et ne partage pas la liesse générale.
Petit à petit, je me laisse gagner par la joie, je me surprends même à chanter à une ou deux occasions, des refrains, ne connaissant aucune chanson entière. A la fin du concert, je me suis rapproché d'un groupe de jeunes bien en forme. Ils m'ont sans doute transmis un peu de bonne humeur.
Quand Polnareff salue, je suis impressionné par la foule qui s'étend tout autour de moi. Nous sommes des centaines de milliers, je n'ai jamais vu autant de monde, je n'ai jamais été au milieu de tant de monde. C'est à la fois excitant et inquiétant de se dire que tout ce monde est là réunit, tous ou presque d'une seule et même nation, rassemblés pour partager un moment inoubliable en commun. Pour le provincial que je suis, c'est une première. Je rappelle que ma petite ville compte seulement un peu plus de 10 000 personnes.

La nuit est tombée, le concert se finit, après les applaudissements, règne un calme tout relatif. La foule se tourne. La tour Eiffel, ombre gigantesque, imposante devient le centre de tous les regards.
Et là, pendant près d'une demi-heure, le spectacle est grandiose. Contrairement à tout ce que j'avais pu voir jusqu'à maintenant, il y a un fond sonore, qui me touche d'autant plus que c'est sur le cinéma. James Bond, Pulp Fiction, le Fabuleux destin d'Amélie Poulain, Harry Potter, Star Wars et d'autres dont je ne me rappelle plus... Des fusées par centaines à chaque tableau, des musiques que je connais et que j'apprécie, les applaudissements de centaines de personnes.
Je suis conquis, je suis ravi et j'en ai des frissons. Jamais je n'ai vu quelquechose d'aussi grandiose en compagnie d'autant de monde. A Paris, avec des milliers de français, un jour de fête nationale, j'ai l'impression que ce moment et ce lieu incarnent mon pays. Il n'y a rien de vraiment comparable. Je n'ai jamais rien ressenti de comparable. Durant tout ce temps, j'oublie ma morosité. ce moment est parfait.
Hélas, les meilleurs choses ont toujours une fin ! Déjà je file, pressentant le ... bordel à venir. Je me faufile. La foule se disperse, dans toutes les directions, bifurquant à chaque croisement, mais jamais le flot ne semble se tarir. Je tente de m'éloigner, en marchant vite. Plus je dépasse de gens, plus il s'en présente devant mon regard. Enfin, apparaît une gare de métro, je m'engouffre dans le torrent humain qui y rentre, c'est une foule pressée et pressente. Je suis franchement pas rassuré, il y a trop de monde pour moi.

Je suis sur le quai de la gare depuis un moment déjà. Les métros passent, bondés. Peu de gens arrivent à monter dedans. Il n'y a plus de place, plus d'espace, il fait chaud et j'ai la tête qui tourne. Ma journée a été fatiguante, j'ai peu dormi les jours précédents, peu mangé et encore moins bu. Entre deux métros, je m'accroupis, espérant en voir un un peu moins chargé que les autres, peine perdue. J'échange quelques mots avec deux filles, nous sommes tous logés à la même enseigne, mais certains sont plus patients, j'en fais parti. D'autres au contraire poussent, forcent la passage, s'entassent et s'écrasent sans se préoccuper que dans les rames, des gens sont peut être déjà mal, écrasés et gênés par la chaleur. En groupe, l'humain devient particulièrement débile, j'en ai des exemples particulièrement flagrant sous les yeux. Mes compagnes d'infortunes arrivent à se jeter dans un métro, j'ai ai marre, je rentre dans le prochain quoiqu'il arrive.
Arrive une rame justement, bien remplie encore, mais je suis fin, il me faut peu de place. Sac à la main, solidement tenu, je me jette entre deux personnes et bloque le passage, il n'y a vraiment plus de place. Devant moi deux petites filles émergent difficilement entre les adultes. Si quelqu'un rentre derrière elles finiront écrasée. Ainsi, aux stations suivante je ne bouge pas, empêche les gens de monter, et je crie même (très rare) quand certains essaient de forcer.
Finalement, j'arrive à Denfert, direction le RER pour m'apercevoir que... contrairement à ce que nous avaient dits les contrôleurs, les RER n'ont pas été prolongés aussi longtemps que les métros. Je suis bloqué sur Paris. Dans un rapide échange de sms, je conviens avec Leely d'un point de rendez-vous, faute de la retrouver durant la soirée, je la retrouve après, elle peut m'héberger: au moins ne dormirai-je pas dehors !
Il est une heure trente passée, je la rejoins non loin de son appartement, j'arrive en courant, exténué mais rassuré de savoir ou dormir. J'ai déjà rencontré sa soeur, mais pas ses parents. Transpirant, le visage défait, à cette heure-ci, des conditions parfaites pour des présentations. Rapidement nous nous couchons, à même le sol roulé dans une couette, je m'endors dans un sommeil réparateur, et je grave pour de bon dans ma mémoire ce que je viens de vivre.

Merci Leely pour m'avoir sauvé/hébergé jusqu'à la fin de matinée, et à bientôt IRL !

jeudi 12 juillet 2007

Odyssée urbaine

En ce jour de repos, je me suis rendu à ma consultation chez l'orthopédiste à Antony.
Avec plus de trois quart d'heure, je pensais avoir suffisamment de marge pour arriver à l'heure. Fol espoir !
Je ne vais pas rédiger mes lister les différentes étapes de mon odyssée. Pas assez présomptueux pour penser remplacer Homère, je n'écrirai pas en vers !

- A la gare, je vois partir mon train, je me suis trompé de quai. 30 min d'attente, je vais être très en retard.
- Après appel à l'hopital, je dois me rendre directement en radiologie
- Evidemment, je ne trouve pas le bon batiment.
- 10 min d'attentes, puis radio.
- 10 min d'attente puis paiement des radios.
- Direction la chirurgie pour voir l'orthopédiste. 10 min d'attente.
- Consultation rapide et prise de rendez-vous pour le mois prochain.
- Réglement de la consultation.
- Direction la radio pour une prise de rendez-vous
- Attente encore...
- Finalement, direction la gare, je me trompe de quai.
- Enfin sur le bon 15 min d'attente.
- Changement de train deux gares plus loin, à nouveau je pars sur le mauvais quai.
- Dans mes pensées, j'oublie de descendre, une gare trop loin.
- Trop de béton, je ne sais pas où je suis, 20 min d'attente.

J'arrive finalement à l'appart, il est midi, je suis parti ce matin à 9h10. Tout ça pour savoir que la fracture n'a pas empiré et que comme prévu, je conserve la résine pendant un mois et demi. Amusant d'ailleurs que l'on appelle "patients" ceux qui vont chez le médecin: le système de santé a-t-il toujours demandé tant de patience et de calme pour enfin être soigné?

Les caveaux parisiens, un son d'enfer ?

Il est des soirées durant lesquelles je suis prêt à sacrifier mon ouïe du moment qu'il y a à écouter de la belle musique -un peu trop fort-. Celle-ci rentrait dans mes critères: jazz et bonne humeur, de quoi relâcher un peu la pression du quotidien.
A la sortie du travail ce mardi, je me suis rendu une fois de plus sous l'impressionnante fontaine de la place saint-Michel pour une nouvelle soirée entre mélomanes. Rectification, avec une mélomane, moi-même n'étant qu'un padawan* ( "apprenti",pour fidéliser d'éventuels fans de star wars qui passeraient ici) en la matière. Partis pour écouter à nouveau du jazz, nous nous rendons au Caveau des Oubliettes.
Vous pouvez trouver une description de ce lieu dans les archives du mois de juin.
Programmée ce soir là, une Organic jazz jam session. Le concept est assez simple et convivial. Lors de la première partie du concert, des musiciens, animateurs réguliers du Caveau jouent, puis laissent leur place une heure plus tard à des amateurs qu'ils peuvent aussi accompagner. Nous ne sommes restés que pour la première partie, à cause du boulot le lendemain, mais aussi parce que les métros/RER ne sont pas infinis dans la nuit parisienne et qu'il faut pouvoir rentrer !

Installés sur des tabourets non loin de la scène, et après que nous ayons commandé, je me suis mis à observer un étrange personnage. Devant moi, assis, se tenait un petit homme, la cinquantaine passée, avec une barbe hirsute et une casquette Pizza Hut. Il se trouve que cet homme, Jeff Hoffman, était le guitariste de la soirée, et comme j'allais vite m'en rendre compte, il est doué. Non seulement, il l'est à la guitare, mais il est aussi possédé d'une énergie folle. Communicatif, il ne m'a pas du tout semblé qu'il se mettait en avant, mais qu'au contraire, il accompagnait à merveille le batteur et l'organiste. Selon moi, c'est une des qualités d'un grand musicien.

Stephan Patry, organiste, mais pas sur n'importe quel orgue: l'orgue hammond. Instrument électro-mécanique inventé au début des années 30, c'est quelque chose d'imposant et de très particulier. Sa sonorité peut-être imitée par des claviers numériques, mais Stephan joue sur une véritable orgue, dont le poids approche des 200kg! La caisse en début de soirée m'avait intriguée. Elle contient en fait le mécanisme d'électro aimant qui produit le son si particulier à ce massif appareil. Détournée de son usage premier -remplacer dans les églises les imposants orgues à tuyaux-, il reste utilisé par les musiciens de jazz. C'est bien entendu lui qui donne son nom au thème de la soirée: "organic jazz".

Troisième musicien, François Morin nous a gratifié à la batterie d'un solo déchaîné . Il co-anime les soirées du caveau le mardi avec Stephan dont j'ai parlé précédemment, c'est un batteur doué et enjoué, bien souvent souriant lorsque l'on peut capter son regard. C'est là tout le problème pour les batteurs, Cachés par leur matériel, et bien souvent en accompagnement, la musique ne leur rend pas forcément honneur. En jazz, chacun ayant sa place, et au caveau plus particulièrement, grâce à François, ce soir là, l'honneur des batteurs fut sauf !

Je commence probablement à prendre goût à la musique car, si je suis sorti à moitié sourd, ce fut une excellente soirée accompagné de mon double féminin et dessinateur, Aurélie.

Liens:
- MySpace du Caveau des Oubliettes
- Une page sur Jeff Hoffman
- Site de Stephan Patry
- Site de François Morin
- Un extrait de la soirée

mardi 10 juillet 2007

C'est tout un art que de bien l'apprécier!

- Les dessins sont encore une fois l'oeuvre et la propriété exclusive de Leely -

A nouveau, Paris se montre sous une météo médiocre. Tandis que, porté par l'escalator, j'observe le paysage qui s'offre à mes yeux: une mer houleuse de toits parsemée de récifs. Les monument parisiens sortent ainsi et pointent leurs flèches vers les cieux nuageux.
Aurélie, Eve et moi sommes partis pour entrer dans le monde étrange de l'art contemporain au sein du centre Pompidou.

Nous commençons par nous rendre au dernier étage où se tient l'exposition temporaire "Air de Paris". A l'occasion des 30 ans du centre Pompidou, celle-ci présente des oeuvres datant des années 70 à nos jours sur le thème des mutations de l'espace urbain et de l'habitat. Plus largement, certaines oeuvres présentées nous ont renvoyé à notre présent. C'est le cas de ce papier peint illustré de deux moutons en pleine discussion et condamnant le clonage.
Sophie Calle est une photographe aimant se mettre en scène, utilisant parfois des méthodes controversées pour ses oeuvres. Elle a détourné de son usage touristique la tour Eiffel en y passant une nuit blanche, tandis que des visiteurs venaient lui raconter une histoire pour essayer de la maintenir éveillée. Une photo la présente dans une robe blanche lors de cette nuit.
Dans un passage sur l'urbanisme du futur, le visiteur peut voir un jeu vidéo intéractif, puis au détour d'une pièce, tombe sur un exemple des murs végétaux du français Patrick Blanc. Botaniste et chercheur au CNRS, il a développé l'idée de véritables jardins verticaux. Sa connaissance en plantes lui conférant une inspiration sans limite. Il ne serait pas étonnant que ses créations se développent et se répandent dans un contexte de réchauffement climatique et d'écologie.
Certaines oeuvres nous présentent cependant le monde dans tout ce qu'il a de plus horrible. Comme ce mur, sur lequel s'alignent les planisphères boursouflés, symbolisant le durcissement du monde, devant lesquels des dizaines de photos de conflits sont accrochées. Plus proche de notre société, un écran d'ordinateur sur lequel s'affiche des pop up avec un texte pornographique montre l'invasion et l'agressivité du web dans notre espace privé.

Alors qu'Eve, partie en direction de sa lointaine ville du sud, nous avait quitté, Aurélie et moi avons continué, pour voir l'exposition permanente et celle consacrée à l'artiste Julio Gonzales. Si cet artisan-artiste (ou l'inverse) a été fortement inspiré par sa femme, quelques unes de ses premières créations, des bijoux floraux m'ont vraiment impressionnées. Ses scultures dont la célèbre "femme se coiffant", en réponse peut-être à celle de Picasso, ont mis à l'honneur le fer.

Au même étage, mais de l'autre côté, se trouve l'exposition permanente. Sous les explications d'Aurélie, j'ai un peu mieux compris le monde étrange de la peinture, voyant d'un autre regard monochromes et autres peintures épurées.
Une étrange salle de laquelle sortait des sons étranges nous attire à moment donné. Assis sur des bancs, dans l'obscurité, nous faisons face à quatre écrans. Des hauts parleurs renvoient des sons noyés, pris au fond de l'eau. Sur les écrans, une naïade à la robe parfois blanche, parfois noire, et aux pans infinis flotte avec grâce, immergée à la surface d'une étendue d'eau. Il y a dans cette pièce un calme et une sérénité assez étrange. Si elle peut être inquiétante cet oeuvre a eu le don de nous apaiser. J'aurais pu rester là des heures.
Dans la salle design, les meubles gonflables nous renvoyaient des les lointaines années 70, que nous n'avons d'ailleurs pas connu. Ainsi, l'art d'avant hier a donné le design d'hier, et comme le montrait l'aile sur Philippe Starck et les sciences dans l'art, le design d'aujourd'hui s'inspire des sciences de son temps.

Finalement, je suis parti avec la crainte de ne pas tout comprendre, d'être trop rationnel pour l'art. Il est vrai que j'aime comprendre les motivations des artistes cependant certaines oeuvres abstraites restent très fortes. A quelques exceptions près, la plupart de ce qui était exposé m'a touché. J'ai donc été très agréablement surpris, voyant avec un oeil neuf un domaine que je ne connaissais pas du tout. Les artistes inscrivent bien souvent leur oeuvre dans un contexte politique et temporel précis, faisant passer par là des messages dont la portée est bien plus importante que la seule "beauté de l'art". Ca tout particulièrement, ça m'a marqué. Un artiste peut donc être engagé et défendre avec justesse et ferveur des causes comme l'écologie, le multiculturalisme, la vie privée, etc... Si je le savais, je ne m'en étais pas encore vraiment rendu compte.
Le temps est passé sans que je ne m'en rende vraiment compte. Rentrés à 15h, nous sommes ressortis après 18h, finissant par discuter devant un muffin dans un Starbucks coffee.

Sources complémentaires (en plus de ma seule petite mémoire):
- Site officiel du centre Pompidou
- Des infos sur Sophie Calle
- Des infos sur Patrick Blanc
- Des infos (succintes) sur Julio Gonzales
- Des infos sur Philippe Starck

samedi 7 juillet 2007

Dans la demeure des rois

A celle qui me surveille via flux RSS, j'espère bien pouvoir ajouter à cet article ce que tu as croqué lors de la soirée culturelle.

Il y a à Paris un tableau, attirant plus qu'aucun autre les regards, grâce au sien qui depuis le XVIe s. intrigue tout le monde. Vraiment tout le monde? Non. Je dois l'avouer, le charme de Mona Lisa n'agit pas sur moi. J'en ai eu la confirmation hier, au Louvre.

Accompagné de Leely -je ne me déplace pas sans mon illustratrice de poche - et de sa soeur Laurie, le début de soirée était consacré à une rapide visite du Louvre. Rapide car nous y sommes arrivés un peu tard pour profiter pleinement des merveilles du palais. Le peu que nous avons pu voir était déjà assez grandiose. Comme en témoigne le dessin d'un Aurélien béat devant un plafond richement décoré.

Dans le palais Denon, réservé aux peintures françaises et italiennes, nous avons pu voir la très fameuse Joconde de Léonard de Vinci, le Radeau de la Méduse de Géricault ou encore, la Liberté guidant le peuple de Delacroix.
Pour la Joconde, c'était un peu le passage obligé. Une petite foule se pressait devant Mona, et nous l'avons observée d'un peu loin. Nous nous sommes en revanche arrêtés plus longtemps devant le radeau de la méduse. Le tableau est impressionnant, captivant et effrayant à la fois, dramatique surtout. Les corps sont tendus, les naufragés désespérés en distinguant une voile au loin: il n'ont que peu d'espoir d'être secourus, et leur désespoir est d'autant plus marquant que le tableau est sombre, dans son thème et dans ses couleurs.

Mon préféré reste celui de Delacroix. Le drapeau tricolore, la scène révolutionnaire, nourrissent mon coté de fier gaulois. Il semblerait que cette idée soit à la mode avec notre tout beau, tout neuf, ministère de l'identité nationale. Blague à part, ce tableau est l'un des rares que je connais, pour l'avoir étudié en cours d'art plastique il y a quelques années. Déja il m'avait marqué, avec cette Marianne-Liberté en son centre, accompagné, d'un gavroche révolutionnaire. Je trouvais la tableau à la fois simple et expressif, en le voyant en vrai, sa taille n'a fait qu'assurer mon sentiment.
Cependant, ce tableau s'il peut faire penser à la Révolution française de 1789, illustre en fait la révolution de 1830, dite "des Trois Glorieuses". Du 27 au 29 juillet, un mouvement populaire initié par des républicains pousse à la fuite Charles X (1824-1830), roi de France plus rigide que son prédécesseur Louis XVIII (1815-1824)et voit l'arrivée au pouvoir du champion des libéraux Louis Philippe d'Orléans (1830-1848). Leur modèle est une monarchie constitutionnelle à l'anglaise Delacroix aurait annoncé: "si je n’ai pas vaincu pour la Patrie, au moins peindrai-je pour elle..."

Un peu plus loin, un tableau intitulé la Jeune Martyre nous a laissé bouche bée. Attribué à un peintre que je ne connaissais pas du nom de Delaroche , le tableau représente une jeune fille morte immergée. Le travail sur les reflets de l'eau est magnifique, hélas, nous n'avons pas appris grand chose, la plaquette donnant des infos sur le tableau était très incomplète.

Les conservateurs n'étant pas particulièrement noctambules, nous avons quitté le Louvre , assez tôt, mais suffisament tard pour souffrir d'un vent frais digne de l'automne. Etes-vous sûrs que l'on est en juillet? Nous avons fini la soirée dans un restaurant italien où personne dans les employés ne semblait parler français, et étonnement, pas non plus italien... J'ai parfois du mal à comprendre Paris.

mardi 3 juillet 2007

Bras en écharpe

A l'issue des radios, le verdict est tombé: fracture du scaphoïde, sans déplacement. Ainsi, cette "banale" fracture est en fait plus génante qu'il n'y paraît. Le scaph ( je vais l'appeler par ce petit nom intime ) est un os du poignet qui se répare très lentement étant donné qu'il est assez peu vascularisé.

Il me va donc falloir être patient: trois mois d'immobilisation. C'est le prix à payer si je veux pouvoir récupérer une bonne mobilité de la main et du poignet. Je vais donc galérer au boulot, mais surtout, en cours, début septembre, si je suis encore immobilisé. Oui, oui bras gauche platré, évidemment je suis gaucher! Il va me falloir travailler mon ambidextrie...

Cependant, tout n'est pas noir, si je ne peux pas tenir un stylo, la pince que me permet de faire le platre est très pratique pour tout cornet de glace, bouteille de bière, etc... Je n'ai pas le coude pris. En plus, Aurélie devrait pouvoir exercer ses talents d'artiste sur mon platre, le résultat sur ce blog d'ici quelques jours. Et puis trois mois presque complet sans sport, c'est très tranquille.

Un petit mot inquiet pour clore cet article: j'ai pu lire sur le net que pas mal de cas avaient abouti sur des complications et des pertes de mobilités, j'espère donc que ma fracture n'est pas si grave. Angoissant suspense!

dimanche 1 juillet 2007

Recherche mains (et poignets) en état de fonctionnement.

Il y avait ce dimanche un parkourday à la Défense, organisé par les Yakous et auquel j'aurais du participer. A cette occasion, David des Dijon Parkour Crew était aussi sur Paris. Nous nous sommes donc retrouvés samedi soir à Paris, porte d'Evry pour tracer ensemble en prévision du lendemain.
Le temps de rentrer me changer, manger puis de repartir, je le rejoins vers 21h30.



Porte d'Evry, des complexes HLM fournissent aux traceurs un immense terrain de jeu. Je m'échauffe et commence à m'amuser avec David, qui me montre le saut de chat / saut de bras qu'il a passé un peu plus tôt. Je répète à plusieurs reprises un passe muraille (voir les vidéos en lien). En somme: tout commence bien.
Tran, Victor et deux ou trois jeunes du quartier viennent regarder et on leur montre quelques mouvements, en essayant de leur expliquer ce qu'est la discipline. Passements, sauts de précision c'est une petite session tranquille, probablement trop, je ne suis pas assez concentré.



Alors que l'on commence à rentrer, nous exécutons un aller-retour en sauts de précision d'un muret à un autre. C'est en désescaladant le muret que survient le drame...
David passe devant, et j'effectue le mouvement juste derrière lui. Les mains en appui sur le mur, je me laisse glisser. Hélas, avant que je ne me sois positionné comme il aurait fallu, l'un de mes pieds glisse. Mal placé, je n'arrive pas à me retenir avec les bras et je tombe en arrière d'une hauteur de 2m à 2m50. Je ne suis pas suffisament en arrière pour tomber sur la tête sans compter que j'ai mon sac à dos avec un pull dedans pour amortir: je suis bien parti en revanche pour tomber sur le coccyx... Sachant que je tiens encore à pouvoir m'asseoir, je mets le poignets pour amortir, c'est exactement ce qui arrive. J'ai donc un léger bleu sur le derrière mais j'encaisse dans les poignets un gros choc. Chaud, je ne ressens pas encore trop la douleur. Nous continuons tranquillement puis nous nous séparons, nous donnant rendez-vous à la Défense pour le lendemain. Seul en attendant le métro, je maintiens mon poignet gauche avec la main droite, sentant déjà une gêne plus accentuée: j'ai du mal à ouvrir la main et la douleur se réveille.

Après un changement de métro, un type complètement bourré vient s'asseoir à coté de moi. Le sentant s'appuyer sur moi, je place mon coude de manière à ce qu'il ressente une douleur si jamais il se laisse trop aller. A trois reprises, je le sens s'appuyer et se remettre aussitôt droit. Finalement il se retourne vers moi:
_ "T'es balèze dis donc tu prends deux places"
_"Moi? Non, je crois plutôt que tu viens t'appuyer sur moi. J'ai vraiment l'air costaud"
_"Je sais pas mais tu prends de place." Puis il continue: " J'ai 33 ans tu sais ça? T'as quel age toi? J'ai 33 ans et je suis serveur, mais ce soir je suis complètement bourré"
_"Oui je vois ça." Malicieusement, je lui réponds. "J'ai treize ans de moins".
_"Et ça fait combien?". Je saisis dans son regard qu'il est incapable de calculer dans son état.
_"20 ans"
_"Et tu fais quoi?"
_"Je suis étudiant, je fait de l'histoire"
_"Mais ça rapporte pas?"
_"Je préfère encore étudier quelquechose qui me plaît et gagner peu".
_"Ah ouais, ça c'est bien parlé!"
Heureusement, le métro arrive à Denfert où je récupère mon RER. Le changement me sauve de l'haleine alcoolisée de ce compagnon pour le moins collant. Pendant ce temps, je me sens un peu nauséeux. C'est mauvais signe, synonyme d'une douleur déjà importante.

Enfin à l'appartement, je passe un bon moment les poignets dans la glace et ne peux m'empêcher de prendre deux dolipranes. Je ne suis plus chaud, la douleur est là. Vu l'état de mes poignets, je ne pourrai pas tracer demain. Finalement, j'annule pour le parkourday, prévenant David. Il m'est difficile de tenir une petite cuillère, comment pourrais-je tracer et mettre le poids de mon corps sur des articulations blessées?
Je suis motivé, pas téméraire. Demain, j'irai donc voir un médecin, espérant qu'il ne m'arrêtera pas pour le boulot. Si je suis incapable de porter un carton, je peux encore vendre! Dans l'immédiat, c'est les poignets bandés, pour éviter de forcer dessus que je tape sur le clavier ces quelques mots.

Non loin du Vieux, les vieilles pierres.

Il y a, à Paris, une chose que je ne peux pas nier: dans cette ville, bon nombre de grands batiments publics sont magnifiques, faits de belle pierres, et ils ont une vraie histoire.
J'ai profité de ma pause hier pour faire quelques photos. En plein dans le quartier latin, se dresse l'hôtel des abbés de Cluny (XVe siècle), qui abrite le musée du Moyen Age. Si la visite est payante, les jardins sont ouverts au public et permettent au visiteur de profiter d'un peu de calme et de sérénité.

Quand il ne pleut pas, évidemment c'est assez difficile à Paris, j'aime aller y passer un moment de ma pause, pour me couper un peu de la civilisation. La masse de bruit urbain est toujours aussi agressive, mais dominé par les vieilles pierres, au milieu de la verdure, et entouré pas les oiseaux, ces jardins sont une petit bouffée d'oxygène pour le non-citadin que je suis. Pour une heure, je m'évade.
En parlant de vieille pierre, presque en face du magasin, se trouve la Sorbonne, surement la plus connue des universités françaises. Impressionnant batiment en pierre de taille, surmonté de son observatoire. Cela doit être assez étrange d'y étudier. La mémoire du lieu le rendant à mon sens vivant.

Pour ceux qui pensent que je suis fou, j'ai toujours respecté le travail des ouvriers des temps passés. A notre époque de béton armé, il semble si facile d'ériger un building que la pierre de taille semble nous rappeler la perfection du travail et la patience de nos aïeux!

Cet article peut sembler bien court comparé aux autres, mais là, les photos expriment mieux les sentiments que je veux faire passer. Admirez!

jeudi 28 juin 2007

Message crypté, en direct du caveau (ou presque)

Ndla: Les dessins qui illustrent l'article sont l'entière propriété de Leely (Merci :) ). Allez voir son blog!


Le ciel gris, encombré de nuages, est bien menaçant sous la lumière tombante. Au dessus de moi, l'archange saint Michel terrasse le démon devant les passants. La statue érigée sous Napoléon Ier est grandiose. Au plein coeur de paris, il est 21h30, j'attends Leely pour une soirée jazz -je ne le sais pas encore-.

Cela se déroule au Caveau des Oubliettes, petite perle pour les mélomanes fans de jazz. Non loin de la Seine, rue Galande, la bar vu de l'extérieur cache bien son jeu. Les larges lettres gothiques rappellent le nom du bar au visiteur. La salle est petite, le confort limité. Les murs en pierre apparente donnent à l'ensemble un aspect brupt, agressif, que le bois sombre de la charpente et des meubles soulignent. Encastrée dans une poutre, une guillotine, datant de quelques années après la Révolution française. Lugubre? Non, "historique"... (bon ok, lugubre).

Nous arrivons devant vers 21h45. Un peu en avance car la salle de concert en sous-sol n'ouvre pas avant 22h. Quittant pour quelques minutes l'atmosphère étouffante de la pièce principale, nous restons dehors, à discuter, puis, quand un léger crachin se met à tomber nous nous abritons sous un échaffaudage, devant la devanture féérique d'une boutique vendant des babioles bariolées. Le temps passe vite à discuter orientation, journée de boulot et stage, il est l'heure de s'enfoncer dans les profondeurs du caveau des oubliettes.
Par la porte du fond, nous empruntons un vieil escalier en pierre qui nous mène quelques mètres plus bas. Sur la droite, une salle d'une petite quinzaine de mètres de longueur dans laquelle s'entassent tables et tabourets, vites occupés. Nous nous retrouvons juste devant la scène légèrement surélevée sur laquelle le matériel a déjà été installé. Un regard autour de moi et je comprends vite le nom du bar: d'anciennes fenêtres obstrués portent encore les traces de la présence de solides barreaux. Les lourdes portes en bois tout aussi sombre qu'à l'étage sont surmonté de figures menaçantes. Derrière l'estrade, c'est un satyre grimaçant qui menace les spectateurs, semblant leur interdire l'accès au reste du sous-sol. Aussitôt, ce lieux m'intrigue, je me demande quelles horreurs se sont déroulées ici. Je n'ai cependant pas le temps de m'interroger sérieusement. Leely sort son matériel (feuilles, stylos et feutres d'une boite métallisée Rottring) tandis qu'arrivent les artistes. Devant nous, le serveur a déposé nos bières: nous sommes armés pour la soirée.

A peine installé, le groupe "yves eouzan trio" nous est présenté, et sans perdre un instant, la musique s'élève, ça swingue! Les cinqs musiciens jouent presque non stop pendant deux heures, se reposant à tour de rôle. Un moment, le chanteur/guitariste se repose, la flûte passe au saxo, pendant que la basse le clavier et la batterie se lancent dans un dialogue endiablé. A tour de rôle, ils prennent ainsi quelques minutes de pause méritées.
Le chanteur, un noir à la voix chaude ajoute occasionnellement sa voix aux instruments, dans un anglais sans accent. Ils jouent et semblent s'approprier des standards, certaines mélodies ne me sont pas inconnues. Je n'ai pourtant presque jamais écouté de jazz.
Au ravissement audio, il y a aussi le ravissement visuel. Toute performance artistique m'impressionne, et voir Leely saisir au vol les expressions m'a laissé béat. Tout en ombre en quelques taches sombres, elle se met à dessiner. Au début je ne vois pas ce qu'elle dessine, je scrute des yeux la scène, et soudain l'évidence me saute au visage. Là c'est le micro, ici, l'ombre du projecteur, et ça les yeux du chanteur! Feuille après feuille apparaissent des visages et des corps, des pièces d'instruments. En noir sur fond blanc, et là un peu de couleur: le pull rouge de la saxophoniste, seule couleur à contraster avec le noir laissé par les feutres et les stylos.

Minuit arrive vite. Nous partons et nous nous disons au revoir avant de nous séparer. Leely par le métro, Manue qui nous a rejoints par le bus et moi-même par le RER. La soirée était sympa, trop beau, il me fallait quelquechose pour flipper un peu... Arrivé sur le quai du RER, un message m'apprend que suie à un mouvement social (une p**** de grève) il n'y a plus de traffic sur la ligne. Je rentre comment ? Heureusement, après avoir frôlé l'infarctus, je vois déboucher au loin l'avant rouge et bleu de la rame de tête, je suis sauvé.