Pages blanches, taches d'encre et réflexions d'un idéaliste

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mercredi 25 juillet 2007

L'anniversaire du jour est...


...celui de Leely.

Comment ça "qui est Leely"? Là, lecteur, tu me déçois, ne lis-tu donc pas mes articles ?
Puisqu'il faut récapituler, et en bon cadeau bloggesque, je vais tâcher de dresser à la plume le portrait rapide de cet amatrice de pinceau.

Né un 25 juillet 1987, Leely, qui porte le si beau prénom d'Aurélie (aucun parti pris de l'auteur...) a vite eu en main, comme tout enfant qui se respecte, un crayon et une feuille. Il se trouve que contrairement à d'autre, elle n'a jamais laché ces crayons, y ajoutant même feutres, pinceaux. Mélangeant pigments, aquarelle et pastels, elle prend un malin plaisir à photographier visuellement son monde et à le retranscrire manuellement sur papier. Vous l'aurez compris, elle dessine, mais pas seulement, elle est aussi douée en piano.

Comment l'ai-je connu : question intéressante. Elle est Sétoise, je n'ai jamais mis les pieds dans ce coin du pays tout comme elle n'est jamais venue à Briançon. Au XXIeme siècle, génération internet oblige, nous nous sommes connus via msn.
Il se trouve que vers 2002 - 2003, msn proposait un système d'annuaire avec classement par tranche d'age. Dans la catégorie garçons de moins de 25 ans, j'étais l'un des premiers classé avec un pseudo simple: -_-_-_AlpiN_-_-_- . La demoiselle m'a donc ajouté et nous avons commencé à discuter. Finalement, c'est plutôt bien passé et nous avons gardé le contact via le web. A l'époque j'écrivais pas ou peu, et j'étais encore un "scientifique".

Plus récemment, pour la fête de la musique sur Paris a eu lieu notre première rencontre réelle. C'est particulièrement étrange de connaître quelqu'un, ou d'avoir la sensation de connaître la personne sans jamais l'avoir rencontrée auparavant.
Le temps qu'elle finisse un stage, et moi en job saisonnier, nous nous sommes donc croisés près de trois semaines dans cette grande et belle (et surtout grande) ville qu'est Paris.
Derrière les pseudos, il y a donc une jeune fille encore plus intéressante dans la vraie vie que sur le net qui dans le laps de temps que je l'ai vu m'a fait découvrir pas mal de choses. Pour cela ma chère, je te remercie.
La liste des sorties, qu'elle a pour la plupart illustré et dont vous pouvez trouver les récits sur ce blog :
- Fête de la musique.
- Caveau des Oubliettes (x2) pour concerts de jazz.
- Initiation au joyeux monde de l'art moderne au centre Pompidou.
- Soirée blogs BD.
- Soirée au Louvre.
- Et lors du 14 juillet, elle m'a évité de coucher sur le pavé parisien (RATP grrrr...), me laissant une petite place dans son appart malgré le fait qu'il y ait déjà sa famille.

Prenant de plus en plus de plaisir à écrire, et elle, toujours autant à dessiner, nous avons plus que jamais le projet d'une collaboration niveau BD. J'espère que cela finira par se concrétiser.
En attendant, pour ma première véritable "amie du web" :


Joyeux vingtième anniversaire ma grande !

lundi 23 juillet 2007

Déjà un duel ...


Depuis bien longtemps, je désire me mettre à l'escrime. Plutôt amateur d'histoire et de reconstitution, cela semble assez normal.
Bercé de films, de romans, j'escrime à la d'Artagnan m'a toujours excité. Vers l'age de 7 ans, j'avais été avec mes parents au parc Astérix où se tenait une animation à grands renforts de cascades, de costumes, de capes et bien évidemment d'épées ! Je crois que cela m'a toujours marqué.
Il se trouve que "paralysé" par mon bras platré, j'en profite pour me reposer, me balader sur le net.
De recherche en recherche sur des sites de jeu de rôle, je suis retombé sur des associations d'escrime de spectacle. Ce fut l'électrochoc qui remonta en moi cette vieille envie. A Toulon je me rappelle avoir cherché un peu, mais le prix des cotisations m'avait repoussé, et je ne souhaitais pas faire d'escrime sportive (j'y viendrai peut-être plus tard).

Après quelques recherches, j'ai trouvé les coordonnées d'une association sur Grenoble. Bloqué dans l'immédiat, je fouille dans le net donc à me faire une tenue pouvant me servir aussi bien pour le jeu de rôle que pour d'éventuelles représentations.

Il se trouve que mon compère du web Chronik, compte lui aussi se mettre à l'escrime de spectacle. Il n'en fallut pas plus pour qu'un duel fut lancé. Faute de contact courtois entre nos lames (que nous ne possédons pas), nous avons entamé à trois heures du matin une joute verbale.
Deux historiens, amateurs de jeux de rôles, tôt le matin qui se répondent d'instinct ou presque, ça donne ça:

Chronik dit :
Oho mon bon monsieur, si je vous déplais tant que ca, il faudra en découdre !
S'krib dit :
Avant d'entamer les hostilistés, j'eus voulu savoir si vous connaissiez les dernières tendances de la mode ...notamment en chemise .
Chronik dit :
Si celle que vous portez ne vous convient guère, c'est avec un plaisir satisfait que j'apporterais une touche personnelle avec la pointe de mon épée !
S'krib dit :
Merci monsieur, mais ce que je porte, je le porte bien, et je ne m'en porte que mieux. C'est pouquoi je refuse que vous y apportiez une touche personnelle !
Chronik dit :
Ola Maleureux, voyez donc ces vilains boutons, je vais vous en coudre d'autres, avec la grosse aiguille qui me sert d'épée !
S'krib dit :
Rangez donc votre aiguillon dans vos chausses Monsieur, Dieu m'est témoin que vous avez un comportement fort inconvenant (et vlan)
Chronik dit :
Est ce donc moi qui ait commencé l'outrage ?
Vous savez bien que cela n'apporterait point bon ménage !

S'krib dit :
Et alors, je ne me défile pas, je vous mets en garde de ce mauvais pas, qui, à coup sûr vous conduira a terre aussi vite qu'aux cotés de saint Pierre.
Chronik dit :
Sur ma botte, il y a la signature de mon chausseur ! Je m'en vais bien vite vous l'imprimer au posterieur ! En garde !
S'krib dit :
Vilain, Il ose ! Prends garde mécréant, tu ne sais pas qui tu attaques. Ce n'est pas une caravane que tu mets à sac et des jeunes filles que tu détrousses, mais c'est une serviteur de la faucheuse qui est à tes trousses !
Chronik dit :
Ah ! Voyez moi donc ce soit disant faucheur ! Tout juste bon a faucher foins et fleurs !
S'krib dit :
Fleur au fusil, en Hollande (1672-78) je vous vis partir. Peur au ventre de campagne je vous vis revenir
Alors vos railleries messire ne peuvent que faire rire !

Chronik dit :
Je m'en vais taillader cette vilaine langue qui me fache ! De l'épéiste tu as la langue mais en as tu le panache ?
S'krib dit :
Panache ? Sinon un instrument de mode, qu'est-ce que cette valeur désuette ? Voulez-vous que je fouette ce derrière incommode que je vois dejà courir et de la bataille partir !
Chronik dit :
Des mots, des mots, est-ce donc là tout ? A force de vous exclaffer, Monsieur, vous allez bien vite vous épuiser ! Voyez donc comme j'attend que vous me montriez vos dires. Vous dites être la rose avec son épine, je ne vois qu'un pouilleux se tordant sous mon echine !
S'krib dit :
Je rage ! Vous êtes insultant, plus vulgaire qu'un oriental sultan. De mon unique bras, d'une botte habile, d'un estoc je vous abats!

vendredi 20 juillet 2007

Les motivations du S'krib

Aujourd'hui, une question m'est revenue que je me suis déjà posé il y a quelques jours: un blogger a-t-il besoin de justification pour écrire ? En fait, ça m'a renvoyé vers un autre question, celle de mes motivations, de ce qui me pousse à écrire.
En récapitulant les étapes qui m'ont mené à ce blog, je vais essayer de répondre partiellement à ces questions: de la distanciation avec les mots au manque de ne plus faire que des sciences, puis, le retour aux lettres.

Certains me connaissent, d'autres ont pu le lire dans le skyblog, vestige de l'ère pré-blogspot, j'ai effectué un court passage très scientifique.
Durant mon bac S, mes difficultés émergentes en maths et en physique m'ont fait lacher petit à petit le monde fabuleux des mots. Au collège, je lisais beaucoup, au moins 3 à 4 romans par semaine. J'ai lu et relu les Lancedragons, série d'heroïc-fantasy à laquelle j'ai vraiment accroché. Là, c'était la première phase, celle juste avant de me jeter pleinement dans le monde des sciences.
Après le bac, pour d'obscures raisons qu'il est inutile de développer ici, je partis en classe prépa, MPSI: il fallait vraiment que je ne sois pas net... Maths, physique, sciences de l'ingénieur, informatique, et à côté, peu d'anglais, peu de communication. J'avais pas le temps de lire, et je ne le prenais pas, désespérant sur mes notes. Dans l'année, ce ne sont pas plus de 6 livres que j'ai du lire en entier.
De plus en plus incapable d'écrire proprement un texte, j'ai pu, durant mon court passage en IUT d'électronique, me rattrapper un peu grâce aux profs de com qui insistaient pour que l'on écrive. Il faut avouer que le niveau était assez faible, mes camarades étaient à peine meilleurs en rédaction que moi en électricité. C'est là que je me suis rendu compte que ce que je faisais ne me plaisait pas et que je commençais à avoir de sérieuses difficultés à écrire correctement.

En manque de lettres, de mots, il me fallait me réhabituer. Durant la période où j'ai arrêté les cours, j'ai lu, utilisant le rayon "histoire" de l'université de Toulon. Chaque jour, je me faisais une revue de presse sur un thème donné, comparant L'Humanité, Libé, Le Monde, La tribune, Le Figaro, ainsi que des magazines anglophones et en espagnol (mais là, je comprenais beaucoup moins). Je crois avoir pris là de très bonnes habitudes, pour l'histoire, découvrant par moi-même et à mon rythme ce qu'on a cherché à nous faire comprendre cette année en histoire.
Mon emploi du temps n'étant pas rempli, malgré le sport et ces quelques heures de lecture en fac, j'ai regardé pas mal de films. Parmi ceux-ci, quelques-un que j'avais déjà vu : L'étoffe des héros, October Sky. Ces deux là sur la conquête spatiale ont ranimé la flamme de l'ambition que vacillait en moi. Le cercle des poètes disparus et A la rencontre de Forrester m'ont insufflé cette dose de lettres que j'avais perdu. Cette fois, j'en étais sur, il me fallait écrire.

Je l'avais déjà fait sans grande conviction, j'ai commencé, ou recommencé à écrire, pour moi, simplement pour évacuer un peu la pression nerveuse de la vie. Véritablement brouillons, paroles et sentiments jetés pêles-mêles sur le papier. C'était plus un besoin qu'une vraie réalisation. Dans la version actuelle -en pause pour cause de bras plâtré-, les écrits sont plus propres et plus réfléchis, mais ça me calme toujours autant d'écrire.
Parallèlement à ma prise du conscience à l'IUT, j'ai commencé à rédiger plus sérieusement un skyblog. Peu pratique, il m'a permis de commencer à ... assumer mes textes, m'obligeant à structurer un peu, à travailler mon style. Comme dans mes écrits perso, certains articles sont restés très confus, le format skyblog n'aidant pas pour les "pavés" que je commençais à rendre ces derniers temps.
Copiant Thomas de l'association de parkour, j'ai ouvert un compte sur blogspot. Et me suis rendu compte que je pouvais bien plus facilement mettre en forme les textes. Cela a fini de me convaincre et j'ai pris l'habitude d'écrire ici. Je passe plus de temps à rédiger mes articles, même si je ne me relis pas forcément (ce qui explique un bon nombre de fautes d'orthographes) car je ne tiens pas non plus à aseptiser mes textes par une lecture, relecture et correction.

Alors, convaincus ? J'ai bel et bien besoin d'écrire, pour moi, mais aussi publiquement pour affronter le regard dur du lecteur extérieur à mon petit monde. Et si je suis trop fier pour vraiment prendre en compte des commentaires rudes de personnes qui ne me connaissent pas vraiment, au moins ça m'oblige à "affronter" tête haute le monde ... derrière mon écran.
Tout n'est pas si sérieux, dans l'écriture, je m'éclate, mettant un peu d'ordre dans mon imagination qui foisonne. J'ai en tête des histoires, des mondes plus ou moins fantastiques, que je verrais bien illustrés, aussi je compte bien me mettre à l'écriture rigoureuse de scénarii.

mardi 17 juillet 2007

Folle fin de semaine : Samedi 14 juillet

Samedi 14 juillet, quelquepart dans un magasin parisien, un provincial luttait farouchement contre des clients bornés.
Dans le sous-sol, armé de ses seuls chaussons, il devait affronter des hordes de débutants en escalade, voulant du matériel très technique tout en refusant l'inconfort, voire la douleur provoqué par ceux-ci, et donc, les choisissant mal.
Heureusement, dans sa lutte il n'était pas seul. Allié providentiel, un collègue avait ramené à l'occasion de son départ en vacances un cocktail au rhum. Fortement alcoolisé, le subtil breuvage n'en restait pas moins sucré et il faut le dire se buvait particulièrement bien. Au rythme d'un petit verre toutes les 3 heures, le S'krib revigoré à coup de recette miracle tint bon toute la journée, oubliant même de partir à l'heure.

Vous l'aurez compris, après cette journée passionnante, une soirée plus palpitante m'attendait. J'avais rendez-vous avec Aurélie et sa famille sur le champ de Mars pour assister au concert et au feu d'artifice de la fête nationale.
Je me rends sur place à peu près sans problème, le RER s'arrêtant 2km plus loin que prévu. J'avale la distance et finalement j'arrive à temps pour assister au show (chaud) de Nelly Furtado. Cependant, déjà la population présente me saisit. Si je suis moyennement fan en tant normal, c'est beaucoup plus sympa à voir et à entendre en live.
Après ça, j'essaie de joindre Aurélie, que je ne trouve pas. Le réseau est saturé. Des centaines de milliers de personne au même endroit, je suis bête de ne pas y avoir pensé. Difficile de se joindre, encore plus de se rejoindre. Nous passons vraisemblablement la soirée à 20/25m l'un de l'autre, j'aurais beau scruter la foule, je n'apercevrais pas la famille Sétoise. Je hais sortir en public seul. Allez comprendre, je suis un solitaire, j'aime m'isoler, en revanche être seule au milieu d'une foule enthousiaste me rappelle une trop grande solitude, m'inquiète, me déprime. C'est ainsi que commence le concert de Michel Polnareff. Je suis morose et ne partage pas la liesse générale.
Petit à petit, je me laisse gagner par la joie, je me surprends même à chanter à une ou deux occasions, des refrains, ne connaissant aucune chanson entière. A la fin du concert, je me suis rapproché d'un groupe de jeunes bien en forme. Ils m'ont sans doute transmis un peu de bonne humeur.
Quand Polnareff salue, je suis impressionné par la foule qui s'étend tout autour de moi. Nous sommes des centaines de milliers, je n'ai jamais vu autant de monde, je n'ai jamais été au milieu de tant de monde. C'est à la fois excitant et inquiétant de se dire que tout ce monde est là réunit, tous ou presque d'une seule et même nation, rassemblés pour partager un moment inoubliable en commun. Pour le provincial que je suis, c'est une première. Je rappelle que ma petite ville compte seulement un peu plus de 10 000 personnes.

La nuit est tombée, le concert se finit, après les applaudissements, règne un calme tout relatif. La foule se tourne. La tour Eiffel, ombre gigantesque, imposante devient le centre de tous les regards.
Et là, pendant près d'une demi-heure, le spectacle est grandiose. Contrairement à tout ce que j'avais pu voir jusqu'à maintenant, il y a un fond sonore, qui me touche d'autant plus que c'est sur le cinéma. James Bond, Pulp Fiction, le Fabuleux destin d'Amélie Poulain, Harry Potter, Star Wars et d'autres dont je ne me rappelle plus... Des fusées par centaines à chaque tableau, des musiques que je connais et que j'apprécie, les applaudissements de centaines de personnes.
Je suis conquis, je suis ravi et j'en ai des frissons. Jamais je n'ai vu quelquechose d'aussi grandiose en compagnie d'autant de monde. A Paris, avec des milliers de français, un jour de fête nationale, j'ai l'impression que ce moment et ce lieu incarnent mon pays. Il n'y a rien de vraiment comparable. Je n'ai jamais rien ressenti de comparable. Durant tout ce temps, j'oublie ma morosité. ce moment est parfait.
Hélas, les meilleurs choses ont toujours une fin ! Déjà je file, pressentant le ... bordel à venir. Je me faufile. La foule se disperse, dans toutes les directions, bifurquant à chaque croisement, mais jamais le flot ne semble se tarir. Je tente de m'éloigner, en marchant vite. Plus je dépasse de gens, plus il s'en présente devant mon regard. Enfin, apparaît une gare de métro, je m'engouffre dans le torrent humain qui y rentre, c'est une foule pressée et pressente. Je suis franchement pas rassuré, il y a trop de monde pour moi.

Je suis sur le quai de la gare depuis un moment déjà. Les métros passent, bondés. Peu de gens arrivent à monter dedans. Il n'y a plus de place, plus d'espace, il fait chaud et j'ai la tête qui tourne. Ma journée a été fatiguante, j'ai peu dormi les jours précédents, peu mangé et encore moins bu. Entre deux métros, je m'accroupis, espérant en voir un un peu moins chargé que les autres, peine perdue. J'échange quelques mots avec deux filles, nous sommes tous logés à la même enseigne, mais certains sont plus patients, j'en fais parti. D'autres au contraire poussent, forcent la passage, s'entassent et s'écrasent sans se préoccuper que dans les rames, des gens sont peut être déjà mal, écrasés et gênés par la chaleur. En groupe, l'humain devient particulièrement débile, j'en ai des exemples particulièrement flagrant sous les yeux. Mes compagnes d'infortunes arrivent à se jeter dans un métro, j'ai ai marre, je rentre dans le prochain quoiqu'il arrive.
Arrive une rame justement, bien remplie encore, mais je suis fin, il me faut peu de place. Sac à la main, solidement tenu, je me jette entre deux personnes et bloque le passage, il n'y a vraiment plus de place. Devant moi deux petites filles émergent difficilement entre les adultes. Si quelqu'un rentre derrière elles finiront écrasée. Ainsi, aux stations suivante je ne bouge pas, empêche les gens de monter, et je crie même (très rare) quand certains essaient de forcer.
Finalement, j'arrive à Denfert, direction le RER pour m'apercevoir que... contrairement à ce que nous avaient dits les contrôleurs, les RER n'ont pas été prolongés aussi longtemps que les métros. Je suis bloqué sur Paris. Dans un rapide échange de sms, je conviens avec Leely d'un point de rendez-vous, faute de la retrouver durant la soirée, je la retrouve après, elle peut m'héberger: au moins ne dormirai-je pas dehors !
Il est une heure trente passée, je la rejoins non loin de son appartement, j'arrive en courant, exténué mais rassuré de savoir ou dormir. J'ai déjà rencontré sa soeur, mais pas ses parents. Transpirant, le visage défait, à cette heure-ci, des conditions parfaites pour des présentations. Rapidement nous nous couchons, à même le sol roulé dans une couette, je m'endors dans un sommeil réparateur, et je grave pour de bon dans ma mémoire ce que je viens de vivre.

Merci Leely pour m'avoir sauvé/hébergé jusqu'à la fin de matinée, et à bientôt IRL !

dimanche 15 juillet 2007

Folle fin de semaine: Vendredi BD

Ami lecteur (au singulier, car je doute avoir suffisamment de succès pour accorder au pluriel), vendredi, la plume & le pinceau, S'krib & Leely, se sont donc rendus à une rencontre BD, ou blog: de bloggers BD!

Je rejoins donc celle qui avait esquissé un projet de soirée, trouvant sut le net l'adresse de la rencontre. Ca se passe au Bercy Village, charmant endroit, vivant plein de bars et restos. D'ailleurs le lieu de rendez-vous devait être un bar, le Frog. Nous traversons la pièce, l'oeil scrutateur à la recherche du moindre croquis mais personne si ce n'est une enfant ne semble dessiner. En sortant, nous débouchons sur la parc. Il fait beau -c'est bien la première fois en quinze jours que je vois un vrai soleil-, nous décidons de tenter notre chance. Cette fois ci, c'est la bonne.
Une bonne quinzaine de personnes est assise sur la pelouse et parmi elle une moitié tiens de quoi dessiner. Nous y sommes. Leely et moi nous intégrons à eux. Au sein des dessinateurs, je me trouve un peu seul à écrire. Je propose à Leely un jeu vu qu'on ne connait personne et que l'on a un peu de mal à engager la conversation (oui on est timide): je lui donne une phrase sans trop de sens, issue de mon imagination, et à partir de là elle doit dessiner ce qu'elle visualise. L'expression en question était: "Une blanche citadelle aux tours élancées, adossée à une cascade". Le résultat en image ci-joint. J'ai pas la même interprétation du mot citadelle qu'elle mais le résultat est sympa. Pour moi c'est sensé être fortifié, pour elle, c'est plus mignon, avec un petit air "schtroumph".
En discutant, j'apprends qu'en fait je ne suis pas le seul à tenir un blog d'écriture. La demoiselle de "La vie comme elle est" ne dessine pas non plus. Je ne suis plus seul au milieu de ces détraqués à crayons! Elle fait plutôt dans l'humour, blog à consulter! Le temps passe à discuter, à consulter des planches de dessin tandis qu'à côté se tient la réunion de travail de r-à-v (voir plus bas.)

Délogée par les gardiens, la joyeuse troupe se disperse. Certains vont manger japonais, d'autres dont nous faisons partis avec Leely se tournent vers l'Hippopotamus.
Il s'agit en fait d'une bonne parti du staff de rien-à-voir, un magazine de BD issu de la rencontre de BD bloggers. Plein d'humours et de talents, ils éditent chaque mois un magazine dont le contenu est un thème prévu à l'avance.
Hélas pour le personnel du restaurant, une quinzaine de joyeux drilles a donc débarqué. Nous avons du attendre un moment qu'ils nous trouvent une table d'importance suffisante ce qui a permis de discuter à l'extérieur des styles de chacun. Une fois installé, ce sont les sets de table qui ont pris cher, les bloggers ne résistant pas à l'envie de laisser une trace de leur passage. Un dessinateur c'est joueur !

J'en profite pour laisser mon platre, sacrifié au grand dieu de la BD, et aux markers des artistes. Chacun m'a donc gratifié de l'une de ses créations. Si le projet de peinture auquel nous avions réfléchi avec Leely ne s'est pas fait au moins, je fais dans le platre marrant.

Soirée sympa, car, entre autres discussions, j'ai appris que cette joyeuse troupe était aussi ouverte aux auteurs et scénaristes, et ça , ça l'intéresse le S'krib. Je me suis donc empressé de m'inscrire sur leur forum. Allez donc faire un tour je laisse les liens juste en dessous.
Merci à tous pour cette soirée qui change de l'ordinaire, et comme si cela ne suffisait pas, m'a encore plus donné envie d'écrire.

Sites à zieuter:
- Blog: laviecommeelleest
- Blogs BD, référence bon nombre de blogs
- Rien-à-Voir, le site
- Rien-à-Voir, le forum

jeudi 12 juillet 2007

Odyssée urbaine

En ce jour de repos, je me suis rendu à ma consultation chez l'orthopédiste à Antony.
Avec plus de trois quart d'heure, je pensais avoir suffisamment de marge pour arriver à l'heure. Fol espoir !
Je ne vais pas rédiger mes lister les différentes étapes de mon odyssée. Pas assez présomptueux pour penser remplacer Homère, je n'écrirai pas en vers !

- A la gare, je vois partir mon train, je me suis trompé de quai. 30 min d'attente, je vais être très en retard.
- Après appel à l'hopital, je dois me rendre directement en radiologie
- Evidemment, je ne trouve pas le bon batiment.
- 10 min d'attentes, puis radio.
- 10 min d'attente puis paiement des radios.
- Direction la chirurgie pour voir l'orthopédiste. 10 min d'attente.
- Consultation rapide et prise de rendez-vous pour le mois prochain.
- Réglement de la consultation.
- Direction la radio pour une prise de rendez-vous
- Attente encore...
- Finalement, direction la gare, je me trompe de quai.
- Enfin sur le bon 15 min d'attente.
- Changement de train deux gares plus loin, à nouveau je pars sur le mauvais quai.
- Dans mes pensées, j'oublie de descendre, une gare trop loin.
- Trop de béton, je ne sais pas où je suis, 20 min d'attente.

J'arrive finalement à l'appart, il est midi, je suis parti ce matin à 9h10. Tout ça pour savoir que la fracture n'a pas empiré et que comme prévu, je conserve la résine pendant un mois et demi. Amusant d'ailleurs que l'on appelle "patients" ceux qui vont chez le médecin: le système de santé a-t-il toujours demandé tant de patience et de calme pour enfin être soigné?

Les caveaux parisiens, un son d'enfer ?

Il est des soirées durant lesquelles je suis prêt à sacrifier mon ouïe du moment qu'il y a à écouter de la belle musique -un peu trop fort-. Celle-ci rentrait dans mes critères: jazz et bonne humeur, de quoi relâcher un peu la pression du quotidien.
A la sortie du travail ce mardi, je me suis rendu une fois de plus sous l'impressionnante fontaine de la place saint-Michel pour une nouvelle soirée entre mélomanes. Rectification, avec une mélomane, moi-même n'étant qu'un padawan* ( "apprenti",pour fidéliser d'éventuels fans de star wars qui passeraient ici) en la matière. Partis pour écouter à nouveau du jazz, nous nous rendons au Caveau des Oubliettes.
Vous pouvez trouver une description de ce lieu dans les archives du mois de juin.
Programmée ce soir là, une Organic jazz jam session. Le concept est assez simple et convivial. Lors de la première partie du concert, des musiciens, animateurs réguliers du Caveau jouent, puis laissent leur place une heure plus tard à des amateurs qu'ils peuvent aussi accompagner. Nous ne sommes restés que pour la première partie, à cause du boulot le lendemain, mais aussi parce que les métros/RER ne sont pas infinis dans la nuit parisienne et qu'il faut pouvoir rentrer !

Installés sur des tabourets non loin de la scène, et après que nous ayons commandé, je me suis mis à observer un étrange personnage. Devant moi, assis, se tenait un petit homme, la cinquantaine passée, avec une barbe hirsute et une casquette Pizza Hut. Il se trouve que cet homme, Jeff Hoffman, était le guitariste de la soirée, et comme j'allais vite m'en rendre compte, il est doué. Non seulement, il l'est à la guitare, mais il est aussi possédé d'une énergie folle. Communicatif, il ne m'a pas du tout semblé qu'il se mettait en avant, mais qu'au contraire, il accompagnait à merveille le batteur et l'organiste. Selon moi, c'est une des qualités d'un grand musicien.

Stephan Patry, organiste, mais pas sur n'importe quel orgue: l'orgue hammond. Instrument électro-mécanique inventé au début des années 30, c'est quelque chose d'imposant et de très particulier. Sa sonorité peut-être imitée par des claviers numériques, mais Stephan joue sur une véritable orgue, dont le poids approche des 200kg! La caisse en début de soirée m'avait intriguée. Elle contient en fait le mécanisme d'électro aimant qui produit le son si particulier à ce massif appareil. Détournée de son usage premier -remplacer dans les églises les imposants orgues à tuyaux-, il reste utilisé par les musiciens de jazz. C'est bien entendu lui qui donne son nom au thème de la soirée: "organic jazz".

Troisième musicien, François Morin nous a gratifié à la batterie d'un solo déchaîné . Il co-anime les soirées du caveau le mardi avec Stephan dont j'ai parlé précédemment, c'est un batteur doué et enjoué, bien souvent souriant lorsque l'on peut capter son regard. C'est là tout le problème pour les batteurs, Cachés par leur matériel, et bien souvent en accompagnement, la musique ne leur rend pas forcément honneur. En jazz, chacun ayant sa place, et au caveau plus particulièrement, grâce à François, ce soir là, l'honneur des batteurs fut sauf !

Je commence probablement à prendre goût à la musique car, si je suis sorti à moitié sourd, ce fut une excellente soirée accompagné de mon double féminin et dessinateur, Aurélie.

Liens:
- MySpace du Caveau des Oubliettes
- Une page sur Jeff Hoffman
- Site de Stephan Patry
- Site de François Morin
- Un extrait de la soirée

mardi 10 juillet 2007

C'est tout un art que de bien l'apprécier!

- Les dessins sont encore une fois l'oeuvre et la propriété exclusive de Leely -

A nouveau, Paris se montre sous une météo médiocre. Tandis que, porté par l'escalator, j'observe le paysage qui s'offre à mes yeux: une mer houleuse de toits parsemée de récifs. Les monument parisiens sortent ainsi et pointent leurs flèches vers les cieux nuageux.
Aurélie, Eve et moi sommes partis pour entrer dans le monde étrange de l'art contemporain au sein du centre Pompidou.

Nous commençons par nous rendre au dernier étage où se tient l'exposition temporaire "Air de Paris". A l'occasion des 30 ans du centre Pompidou, celle-ci présente des oeuvres datant des années 70 à nos jours sur le thème des mutations de l'espace urbain et de l'habitat. Plus largement, certaines oeuvres présentées nous ont renvoyé à notre présent. C'est le cas de ce papier peint illustré de deux moutons en pleine discussion et condamnant le clonage.
Sophie Calle est une photographe aimant se mettre en scène, utilisant parfois des méthodes controversées pour ses oeuvres. Elle a détourné de son usage touristique la tour Eiffel en y passant une nuit blanche, tandis que des visiteurs venaient lui raconter une histoire pour essayer de la maintenir éveillée. Une photo la présente dans une robe blanche lors de cette nuit.
Dans un passage sur l'urbanisme du futur, le visiteur peut voir un jeu vidéo intéractif, puis au détour d'une pièce, tombe sur un exemple des murs végétaux du français Patrick Blanc. Botaniste et chercheur au CNRS, il a développé l'idée de véritables jardins verticaux. Sa connaissance en plantes lui conférant une inspiration sans limite. Il ne serait pas étonnant que ses créations se développent et se répandent dans un contexte de réchauffement climatique et d'écologie.
Certaines oeuvres nous présentent cependant le monde dans tout ce qu'il a de plus horrible. Comme ce mur, sur lequel s'alignent les planisphères boursouflés, symbolisant le durcissement du monde, devant lesquels des dizaines de photos de conflits sont accrochées. Plus proche de notre société, un écran d'ordinateur sur lequel s'affiche des pop up avec un texte pornographique montre l'invasion et l'agressivité du web dans notre espace privé.

Alors qu'Eve, partie en direction de sa lointaine ville du sud, nous avait quitté, Aurélie et moi avons continué, pour voir l'exposition permanente et celle consacrée à l'artiste Julio Gonzales. Si cet artisan-artiste (ou l'inverse) a été fortement inspiré par sa femme, quelques unes de ses premières créations, des bijoux floraux m'ont vraiment impressionnées. Ses scultures dont la célèbre "femme se coiffant", en réponse peut-être à celle de Picasso, ont mis à l'honneur le fer.

Au même étage, mais de l'autre côté, se trouve l'exposition permanente. Sous les explications d'Aurélie, j'ai un peu mieux compris le monde étrange de la peinture, voyant d'un autre regard monochromes et autres peintures épurées.
Une étrange salle de laquelle sortait des sons étranges nous attire à moment donné. Assis sur des bancs, dans l'obscurité, nous faisons face à quatre écrans. Des hauts parleurs renvoient des sons noyés, pris au fond de l'eau. Sur les écrans, une naïade à la robe parfois blanche, parfois noire, et aux pans infinis flotte avec grâce, immergée à la surface d'une étendue d'eau. Il y a dans cette pièce un calme et une sérénité assez étrange. Si elle peut être inquiétante cet oeuvre a eu le don de nous apaiser. J'aurais pu rester là des heures.
Dans la salle design, les meubles gonflables nous renvoyaient des les lointaines années 70, que nous n'avons d'ailleurs pas connu. Ainsi, l'art d'avant hier a donné le design d'hier, et comme le montrait l'aile sur Philippe Starck et les sciences dans l'art, le design d'aujourd'hui s'inspire des sciences de son temps.

Finalement, je suis parti avec la crainte de ne pas tout comprendre, d'être trop rationnel pour l'art. Il est vrai que j'aime comprendre les motivations des artistes cependant certaines oeuvres abstraites restent très fortes. A quelques exceptions près, la plupart de ce qui était exposé m'a touché. J'ai donc été très agréablement surpris, voyant avec un oeil neuf un domaine que je ne connaissais pas du tout. Les artistes inscrivent bien souvent leur oeuvre dans un contexte politique et temporel précis, faisant passer par là des messages dont la portée est bien plus importante que la seule "beauté de l'art". Ca tout particulièrement, ça m'a marqué. Un artiste peut donc être engagé et défendre avec justesse et ferveur des causes comme l'écologie, le multiculturalisme, la vie privée, etc... Si je le savais, je ne m'en étais pas encore vraiment rendu compte.
Le temps est passé sans que je ne m'en rende vraiment compte. Rentrés à 15h, nous sommes ressortis après 18h, finissant par discuter devant un muffin dans un Starbucks coffee.

Sources complémentaires (en plus de ma seule petite mémoire):
- Site officiel du centre Pompidou
- Des infos sur Sophie Calle
- Des infos sur Patrick Blanc
- Des infos (succintes) sur Julio Gonzales
- Des infos sur Philippe Starck

dimanche 8 juillet 2007

Des années de rancoeur, entre souvenirs et remords

3650 jours ont passé depuis la rupture avec ma vie d'enfant. Celle-ci m'a laissée dans un état de solitude qui ne m'a plus quittée pendant ces années, pour m'amener jusqu'à aujourd'hui. J'avais 10 ans, j'en ai 20. J'avais des rêves, presqu'aucun ne s'est réalisé comme je l'aurais voulu.

J'espérais devenir un homme, dans toute sa fierté, grandir, réussir des études, devenir ingénieur. Ce souhait naïf m'a conduit. Il m'a même tiré pendant toute mon adolescence. Là je me retrouve à faire le bilan des années passées. Je suis plein de regrets. A chacune de mes réussites, LA personne qui pouvait espérer de moi le plus de respect m'a rabaissé, par son intolérance, ses réactions spontanées et ses petites remarques mesquines. Peut-être mon père espérait-il bien faire, et je ne lui en veux pas trop pour les premières années. Mais ces quatre dernières, j'étais suffisamment grand pour discuter, pour prendre des décisions, mais il n'a pas arrêté pour autant.

A chaque fois, j'ai espéré. J'ai cru pouvoir lui montrer à quel point j'étais différent de lui, et j'ai cru pouvoir lui faire accepter ces différences et me faire accepter tel que je suis vraiment. Ce ne fut que déception après déception. Pire, si je suis très fier et si je peux affronter à peu près n'importe quelle attaque de la part d'une personne extérieure, celles de mon père uniquement ont la capacité de m'abattre. Elles l'ont faits doucement, mais surement, jusqu'à saper toute ma confiance en lui.

Il y a peu, il m'a laissé espérer tellement que je me suis laissé convaincre, abaissant toutes mes barrières, plein d'espoir. Finalement, il m'a touché, encore plus durement que d'habitude, alors même que j'étais incapable d'encaisser son attaque. Depuis, c'est comme si je n'avais pas d'autre sentiment que de la rancoeur envers mon père. Il est là, pour trois jours, et j'ai à peine pu lui adresser trois phrases. J'ai en moi tellement de rage que j'ai peur de lui parler, et que je n'en ai pas envie. J'ai toujours pu pardonner facilement aux gens que j'appréciais. Dans ce cas, je crains d'avoir tellement subi que je n'en ai plus envie.

Malgré quelques succès, pas si négatifs, j'ai en parallèle tellement d'épisodes assombris, que je ne peux porter sur mes années passées qu'un regard très négatif. Avec ou sans lui, je veux pouvoir vivre ma vie comme je l'entend, c'est à dire continuer ce que j'ai commencé à faire en m'inscrivant en histoire après avoir tourné le dos aux filières plus techniques et ancrées dans le réel qu'il préférait. Désormais je me fiche de son approbation. Ce n'est pas parce qu'il finance mes études qu'il a tout pouvoir sur moi, comme il a eu tendance à me le faire croire.

M'éloigner de mon père de cette façon, être toujours célibataire,cela me donne plus que jamais le sentiment d'être seul. Je suis dans une telle rage d'en être arrivé là. J'ai l'impression de m'enfermer un peu plus dans la solitude que je cherche tellement à éviter. Dix ans après, rien n'a changé...

samedi 7 juillet 2007

Dans la demeure des rois

A celle qui me surveille via flux RSS, j'espère bien pouvoir ajouter à cet article ce que tu as croqué lors de la soirée culturelle.

Il y a à Paris un tableau, attirant plus qu'aucun autre les regards, grâce au sien qui depuis le XVIe s. intrigue tout le monde. Vraiment tout le monde? Non. Je dois l'avouer, le charme de Mona Lisa n'agit pas sur moi. J'en ai eu la confirmation hier, au Louvre.

Accompagné de Leely -je ne me déplace pas sans mon illustratrice de poche - et de sa soeur Laurie, le début de soirée était consacré à une rapide visite du Louvre. Rapide car nous y sommes arrivés un peu tard pour profiter pleinement des merveilles du palais. Le peu que nous avons pu voir était déjà assez grandiose. Comme en témoigne le dessin d'un Aurélien béat devant un plafond richement décoré.

Dans le palais Denon, réservé aux peintures françaises et italiennes, nous avons pu voir la très fameuse Joconde de Léonard de Vinci, le Radeau de la Méduse de Géricault ou encore, la Liberté guidant le peuple de Delacroix.
Pour la Joconde, c'était un peu le passage obligé. Une petite foule se pressait devant Mona, et nous l'avons observée d'un peu loin. Nous nous sommes en revanche arrêtés plus longtemps devant le radeau de la méduse. Le tableau est impressionnant, captivant et effrayant à la fois, dramatique surtout. Les corps sont tendus, les naufragés désespérés en distinguant une voile au loin: il n'ont que peu d'espoir d'être secourus, et leur désespoir est d'autant plus marquant que le tableau est sombre, dans son thème et dans ses couleurs.

Mon préféré reste celui de Delacroix. Le drapeau tricolore, la scène révolutionnaire, nourrissent mon coté de fier gaulois. Il semblerait que cette idée soit à la mode avec notre tout beau, tout neuf, ministère de l'identité nationale. Blague à part, ce tableau est l'un des rares que je connais, pour l'avoir étudié en cours d'art plastique il y a quelques années. Déja il m'avait marqué, avec cette Marianne-Liberté en son centre, accompagné, d'un gavroche révolutionnaire. Je trouvais la tableau à la fois simple et expressif, en le voyant en vrai, sa taille n'a fait qu'assurer mon sentiment.
Cependant, ce tableau s'il peut faire penser à la Révolution française de 1789, illustre en fait la révolution de 1830, dite "des Trois Glorieuses". Du 27 au 29 juillet, un mouvement populaire initié par des républicains pousse à la fuite Charles X (1824-1830), roi de France plus rigide que son prédécesseur Louis XVIII (1815-1824)et voit l'arrivée au pouvoir du champion des libéraux Louis Philippe d'Orléans (1830-1848). Leur modèle est une monarchie constitutionnelle à l'anglaise Delacroix aurait annoncé: "si je n’ai pas vaincu pour la Patrie, au moins peindrai-je pour elle..."

Un peu plus loin, un tableau intitulé la Jeune Martyre nous a laissé bouche bée. Attribué à un peintre que je ne connaissais pas du nom de Delaroche , le tableau représente une jeune fille morte immergée. Le travail sur les reflets de l'eau est magnifique, hélas, nous n'avons pas appris grand chose, la plaquette donnant des infos sur le tableau était très incomplète.

Les conservateurs n'étant pas particulièrement noctambules, nous avons quitté le Louvre , assez tôt, mais suffisament tard pour souffrir d'un vent frais digne de l'automne. Etes-vous sûrs que l'on est en juillet? Nous avons fini la soirée dans un restaurant italien où personne dans les employés ne semblait parler français, et étonnement, pas non plus italien... J'ai parfois du mal à comprendre Paris.

mardi 3 juillet 2007

Bras en écharpe

A l'issue des radios, le verdict est tombé: fracture du scaphoïde, sans déplacement. Ainsi, cette "banale" fracture est en fait plus génante qu'il n'y paraît. Le scaph ( je vais l'appeler par ce petit nom intime ) est un os du poignet qui se répare très lentement étant donné qu'il est assez peu vascularisé.

Il me va donc falloir être patient: trois mois d'immobilisation. C'est le prix à payer si je veux pouvoir récupérer une bonne mobilité de la main et du poignet. Je vais donc galérer au boulot, mais surtout, en cours, début septembre, si je suis encore immobilisé. Oui, oui bras gauche platré, évidemment je suis gaucher! Il va me falloir travailler mon ambidextrie...

Cependant, tout n'est pas noir, si je ne peux pas tenir un stylo, la pince que me permet de faire le platre est très pratique pour tout cornet de glace, bouteille de bière, etc... Je n'ai pas le coude pris. En plus, Aurélie devrait pouvoir exercer ses talents d'artiste sur mon platre, le résultat sur ce blog d'ici quelques jours. Et puis trois mois presque complet sans sport, c'est très tranquille.

Un petit mot inquiet pour clore cet article: j'ai pu lire sur le net que pas mal de cas avaient abouti sur des complications et des pertes de mobilités, j'espère donc que ma fracture n'est pas si grave. Angoissant suspense!

dimanche 1 juillet 2007

Recherche mains (et poignets) en état de fonctionnement.

Il y avait ce dimanche un parkourday à la Défense, organisé par les Yakous et auquel j'aurais du participer. A cette occasion, David des Dijon Parkour Crew était aussi sur Paris. Nous nous sommes donc retrouvés samedi soir à Paris, porte d'Evry pour tracer ensemble en prévision du lendemain.
Le temps de rentrer me changer, manger puis de repartir, je le rejoins vers 21h30.



Porte d'Evry, des complexes HLM fournissent aux traceurs un immense terrain de jeu. Je m'échauffe et commence à m'amuser avec David, qui me montre le saut de chat / saut de bras qu'il a passé un peu plus tôt. Je répète à plusieurs reprises un passe muraille (voir les vidéos en lien). En somme: tout commence bien.
Tran, Victor et deux ou trois jeunes du quartier viennent regarder et on leur montre quelques mouvements, en essayant de leur expliquer ce qu'est la discipline. Passements, sauts de précision c'est une petite session tranquille, probablement trop, je ne suis pas assez concentré.



Alors que l'on commence à rentrer, nous exécutons un aller-retour en sauts de précision d'un muret à un autre. C'est en désescaladant le muret que survient le drame...
David passe devant, et j'effectue le mouvement juste derrière lui. Les mains en appui sur le mur, je me laisse glisser. Hélas, avant que je ne me sois positionné comme il aurait fallu, l'un de mes pieds glisse. Mal placé, je n'arrive pas à me retenir avec les bras et je tombe en arrière d'une hauteur de 2m à 2m50. Je ne suis pas suffisament en arrière pour tomber sur la tête sans compter que j'ai mon sac à dos avec un pull dedans pour amortir: je suis bien parti en revanche pour tomber sur le coccyx... Sachant que je tiens encore à pouvoir m'asseoir, je mets le poignets pour amortir, c'est exactement ce qui arrive. J'ai donc un léger bleu sur le derrière mais j'encaisse dans les poignets un gros choc. Chaud, je ne ressens pas encore trop la douleur. Nous continuons tranquillement puis nous nous séparons, nous donnant rendez-vous à la Défense pour le lendemain. Seul en attendant le métro, je maintiens mon poignet gauche avec la main droite, sentant déjà une gêne plus accentuée: j'ai du mal à ouvrir la main et la douleur se réveille.

Après un changement de métro, un type complètement bourré vient s'asseoir à coté de moi. Le sentant s'appuyer sur moi, je place mon coude de manière à ce qu'il ressente une douleur si jamais il se laisse trop aller. A trois reprises, je le sens s'appuyer et se remettre aussitôt droit. Finalement il se retourne vers moi:
_ "T'es balèze dis donc tu prends deux places"
_"Moi? Non, je crois plutôt que tu viens t'appuyer sur moi. J'ai vraiment l'air costaud"
_"Je sais pas mais tu prends de place." Puis il continue: " J'ai 33 ans tu sais ça? T'as quel age toi? J'ai 33 ans et je suis serveur, mais ce soir je suis complètement bourré"
_"Oui je vois ça." Malicieusement, je lui réponds. "J'ai treize ans de moins".
_"Et ça fait combien?". Je saisis dans son regard qu'il est incapable de calculer dans son état.
_"20 ans"
_"Et tu fais quoi?"
_"Je suis étudiant, je fait de l'histoire"
_"Mais ça rapporte pas?"
_"Je préfère encore étudier quelquechose qui me plaît et gagner peu".
_"Ah ouais, ça c'est bien parlé!"
Heureusement, le métro arrive à Denfert où je récupère mon RER. Le changement me sauve de l'haleine alcoolisée de ce compagnon pour le moins collant. Pendant ce temps, je me sens un peu nauséeux. C'est mauvais signe, synonyme d'une douleur déjà importante.

Enfin à l'appartement, je passe un bon moment les poignets dans la glace et ne peux m'empêcher de prendre deux dolipranes. Je ne suis plus chaud, la douleur est là. Vu l'état de mes poignets, je ne pourrai pas tracer demain. Finalement, j'annule pour le parkourday, prévenant David. Il m'est difficile de tenir une petite cuillère, comment pourrais-je tracer et mettre le poids de mon corps sur des articulations blessées?
Je suis motivé, pas téméraire. Demain, j'irai donc voir un médecin, espérant qu'il ne m'arrêtera pas pour le boulot. Si je suis incapable de porter un carton, je peux encore vendre! Dans l'immédiat, c'est les poignets bandés, pour éviter de forcer dessus que je tape sur le clavier ces quelques mots.

Non loin du Vieux, les vieilles pierres.

Il y a, à Paris, une chose que je ne peux pas nier: dans cette ville, bon nombre de grands batiments publics sont magnifiques, faits de belle pierres, et ils ont une vraie histoire.
J'ai profité de ma pause hier pour faire quelques photos. En plein dans le quartier latin, se dresse l'hôtel des abbés de Cluny (XVe siècle), qui abrite le musée du Moyen Age. Si la visite est payante, les jardins sont ouverts au public et permettent au visiteur de profiter d'un peu de calme et de sérénité.

Quand il ne pleut pas, évidemment c'est assez difficile à Paris, j'aime aller y passer un moment de ma pause, pour me couper un peu de la civilisation. La masse de bruit urbain est toujours aussi agressive, mais dominé par les vieilles pierres, au milieu de la verdure, et entouré pas les oiseaux, ces jardins sont une petit bouffée d'oxygène pour le non-citadin que je suis. Pour une heure, je m'évade.
En parlant de vieille pierre, presque en face du magasin, se trouve la Sorbonne, surement la plus connue des universités françaises. Impressionnant batiment en pierre de taille, surmonté de son observatoire. Cela doit être assez étrange d'y étudier. La mémoire du lieu le rendant à mon sens vivant.

Pour ceux qui pensent que je suis fou, j'ai toujours respecté le travail des ouvriers des temps passés. A notre époque de béton armé, il semble si facile d'ériger un building que la pierre de taille semble nous rappeler la perfection du travail et la patience de nos aïeux!

Cet article peut sembler bien court comparé aux autres, mais là, les photos expriment mieux les sentiments que je veux faire passer. Admirez!